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Présentation

  • : Collectif Anti-Nucléaire de Saône-et-Loire (CAN 71)
  • Collectif Anti-Nucléaire de Saône-et-Loire (CAN 71)
  • : Collectif d'après Fukushima, contre le nucléaire et son monde.
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Collectif Anti-Nucléaire de Saône-et-Loire

Chemin des Clos

71460 Culles-les-Roches

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17 janvier 2013 4 17 /01 /janvier /2013 16:29

 

Depuis quelques temps, un phénomène assez particulier s'est développé au sein de la population japonaise, suite à la catastrophe de Fukushima.

Nous savions que certains paysans avaient refusé de quitter leur terre, et même, continuaient de produire et de manger des aliments issus de leur terre radioactive. Cette espèce d'héroïsme, parfois poussé au chauvinisme, s'est aussi manifestée sous la forme d'une solidarité funeste : le nombre d'inscription à l'université de Fukushima n'a jamais été aussi élevé que depuis l'accident.

 

Cette « positive attitude »fait écho aux propos de plusieurs « personnalités » japonaises. Ainsi, concernant la nourriture, Keisuke Nemoto, un chercheur du Centre de recherche agricole de Kôriyama déclarait : « Nous devons être capable de développer un nouveau riz résistant au césium afin de le croiser avec du riz japonais »1. Puis, parlant d'une zone contaminée, « Toshitsuna Watanabe, le maire d'Ôkuma, bourgade désormais désertée, sur le territoire de laquelle se situe la centrale de Fukushima Daiichi, [avait déclaré] : "La ville peut devenir une base de la recherche nationale sur l'exposition aux faibles rayonnements et sur les technologies de décontamination. Je veux que cette expérience horrible soit transformée en quelque chose de positif." »2 Dans le même goût, Yasuhiro Nakasone, un ancien Premier ministre du Japon, actif pour l'implantation du nucléaire dans son pays, a affirmé en mai 2011 : « il est temps désormais de considérer le désastre du mois de mars comme une opportunité pour transformer le Tôhoku[territoire dont fait partie Fukushima]en un nouveau centre de culture et de civilisation. »3Enfin et toujours avec le même état d'esprit, Naoto Kan, Premier ministre en poste du 8 juin 2010 au 2 septembre 2011, déclarait quelques jours après la catastrophe : « Notre expérience de cet accident nucléaire est douloureuse, [...]. Mais pour éviter que ce genre de choses ne se reproduise, je crois que nous sommes obligés de partager cette expérience de manière précise avec les pays du monde entier. »4

Il y aurait alors le « bon » citoyen japonais et le citoyen japonais « lâche ». Le premier étant celui qui reste dans la radioactivité et le second, celui qui veut partir.

 

 

Les affirmations précitées ne remettent aucunement en cause le nucléaire mais visent bien son maintien. La catastrophe de Fukushima a servi de publicité mondiale aux États nucléarisés, dans le sens où la majorité de la population des zones irradiées suite à l'accident, vit toujours sur les territoires contaminés, plus ou moins proches de la centrale en ruine. Cela veut dire pour les nucléocrates du monde entier que la vie est compatible avec la radioactivité et donc que le nucléaire, même dans sa dimension catastrophique devient gérable, acceptable et donc... indispensable pour le bonne marche du capitalisme !

En France, l'ASN (Autorité de Sûreté Nucléaire) et le CODIRPA5ont travaillé avec le cabinet Triesse de Lyon puis avec l'AEN (Agence pour l’Énergie Nucléaire) sur la gestion post-accidentelle. Leur objectif a été de rendre leur travail appropriable et opérationnel pour les acteurs au niveau local. En somme, que chaque commune, puis au final chaque citoyen, soit capable d'appliquer les mesures d'urgences en cas de catastrophe atomique, afin que la population puisse rester en territoire contaminé, comme au Japon. Cela éviterait à l’État ce qui est techniquement et économiquement – entendez financièrement – irréalisable : l'évacuation des populations.

 

Or, lorsque l'on regarde la situation actuelle au Japon, et cela dans l'optique, non pas de gérer l'industrie du nucléaire et le monde qui va avec, mais bien de les supprimer, nous pouvons trancher sérieusement :

Non, la catastrophe atomique de Fukushima ne s'est pas arrêtée en décembre 2011.

Non, la soi-disant « décontamination » des terres radioactives n'est pas effective.

Non, les territoires contaminés ne sont pas entièrement évacués.

Non, le fait que la population, vivant dans ces territoires, co-gèrent elle-même le désastre par la mesure de la radioactivité, ne veut pas dire qu'elle ne meurt pas à petit feu.

Non, Tôkyô n'est pas une ville dans laquelle on peut rester dehors sans risque d'être contaminé par la radioactivité ambiante.

Non, l'accident nucléaire du 11 mars 2011 n'empêchera pas le gouvernement japonais et ses nucléocrates de poursuivre l'exploitation de leurs centrales.

 

 

Des membres du CAN 71 contre le monde atomique.


1. Nadine et Thierry Rilbault, Les sanctuaires de l'abîme, chronique du désastre de Fukushima, Paris, 2012, éditions de l'Encyclopédie des Nuisances (EdN).

2. Ibidem

3. Ibid.

4. Ibid.

5. COmité DIRecteur pour la gestion de la phase Post Accidentelle d'un accident nucléaire ou d'une situation d'urgence radiologique.

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6 août 2012 1 06 /08 /août /2012 16:31

Les exilés (1) de LA perception, ou l'amour

impossible d'une vérité que l'on prend pour le vrai !


Ici, maintenant, comme ailleurs et autrefois...et sans doute demain : il en va de ces
vaines quêtes comme celle de LA VERITE.
Quelle-est-elle ? Qui la détient ? Et qu'est-on capable de faire en son nom ?
La vérité sera de toutes manières, celle qui nous échappe car dès que nos yeux se pose
dessus la transformation s'opère, la sorcellerie de nos multiples filtres perceptifs ainsi que la
temporalité agissent et créent une réalité qui n'est en rien le vrai.
Et pourtant, l'industrie de la contrainte est loin d'être le fruit de notre imaginaire...Il s'agit
plus simplement de se rappeler que lorsque notre perception du monde se rencontre et
semble s'accorder (ponctuellement...parfois), cet ensemble ne forme en rien la vérité mais
simplement notre vérité.
De même que lorsque nos perceptions divergent sur tout ou partie de ce qui paraissait
engager le « faire ensemble », et que ces désaccords s'expriment (pas toujours à travers le
bon support...à mon humble avis) : nul n'est le « prophète » du pays de la vérité plus qu'un
autre.
Cette soif inextinguible de la vérité, source de mal-entendus autant que d'arrogants
comportements à l'air subordonnés à une crise de l'égo ou à une agitation hormonale
incontrôlé, semble surgir de nous et convoqué une dissension plus ou moins larvaire (selon
les modalités d'expression) annihilant l'intérêt du conflit et de la divergence.
Alors que les désaccords d'idées et de pratiques pourraient s'avérer être une force de
créativité, ils ne deviennent (dans ce cas) qu'une expression égotiste de conflits internes qui
nous inondent, ou d'insatisfactions auxquelles il faudrait absolument trouver un coupable
(sans oublier de le punir).
Bien sûr, ma perception n'est que parcellaire et ne prétend en rien résumer la diversité des
discours et des agirs tenus par l'ensemble des groupes qui luttent quotidiennement contre le
nucléaire et son monde. Je dirais même que mon regard est autant le fruit d'une inquiétude
que d'un questionnement actuel mais déjà connu par le passé sur une lutte qui rejoint celle-ci.
Cependant, ce jeu de critiques acerbes prenant source dans l'histoire (personnelle ou
collective) et géographique, me paraît nous engluer chaque jour un peu plus à construire
l'opposition d'une manière symétrique face à ceux qui mettent en oeuvre cette vie d'autocarcéralisation.
Comment oublier que l'autre (celui qui nous ressemble un peu...et ça fait chier des fois) ne
doit pas subir l'exil de notre perception du monde, comment faire alors pour la partager un
peu, beaucoup?
Et si, c'est impossible! Ne pas omettre que sans être atteint de troubles dissociatifs de la
personnalité ou autrement dit « être dans une conception d'une séparation des actes et de la
personne qui les pose », il s'avère (je trouve) pestilentielle de figer les identités de façon
systématique par économie d'énergie.
Peut-on imaginer que tous les individus que nous avons exilés de notre perception auraient
peut-être pu la rejoindre si nous n'en avions pas définitivement fermé les portes ?


Toutefois, il ne s'agit pas là de travestir ses convictions mais de les ouvrir à celle différentes,
ou à priori indisponibles à la conscience pour le moment...
Que ferions d'un nucléocrate ? Que faisons-nous des divergences internes qui occupent
parfois (ou temporairement???) plus les esprits que les desseins des actions à venir ?
Est-ce que je choisis d'exiler à perpétuité, et de torturer celui qui a cru qu'il était bon de
décider à ma place ? Qui se voudra être le bourreau de demain portant la similitude avec les
terroristes qui nous gouvernent jusqu'à son paroxysme ? Baissez-vous! Toussez! Ah!Ah!
Vous avez planqué un appelliste dans votre anus...Parloir terminé!
La dernière fois, c'était un CRANiste, allez...T'es bon pour 15 jours de mitard!
Ces divergences ne sont des obstacles que pour ceux qui excluent le champ des possibles
modes d'agir ensemble avec comme terreau ces diversités, qui ne deviennent des divisions
que lorsqu'on est pour la pensée unique ou pour l'unique pensée du soi. Bien sur qu'il faut
en prendre soin du soi, mais ce n'est pas une grande perversion que de ne pas omettre d'y
inclure les autres.
Les stigmates dirigés sur des personnes ou des groupes ne seront jamais aussi drôles que
dans la vie de Brian! J'espère (et je n'aime pas trop cela!) que cette éruption émotionnelle
retombera rapidement!

Pour finir, je dirais que prendre le temps d'une discussion de fond sur la lutte face au
nucléaire et son monde ne me semble pas vain aux vues du bordel cataclysmique qui semble
règner dans les cervelles, de ceux qui prétendent très différemment aller dans le même sens.
L'originalité ne provient pas du désir de se démarquer, mais de la capacité à s'embarquer
vers.......??????.........et avec!
Effectivement, encore du bla-bla pourraient dire les excités de la rencontre
frontale...Cependant au-delà du commun, du socle, du déjà discuté où chaque mot contient
un sens plus ou moins identiques pour chacun d'entre nous ; se trouve le singulier qui fait
résonner de façon parfois dissonante chacun de ses mondes que contient chacun de ses mots.
Mais d'aucun diront que la dissonance peut-être une forme harmonieuse! Et sans lien pas de
partition!
Les rencontres et discussions sont là pour nous ouvrir au singulier, susceptible de faire : non
une entité indivisible, mais un système vivant où une partie ne peut-être suicidée car elle
n'adhère pas au tout.
C'est permettre de ne pas encore une fois figer l'identité avec la praxis qui dans son
fondement se veut ouverte aux changements... Ne pas figer l'autre dans un ici et maintenant,
dans une histoire sans fin, dans un masque, un costume, un rôle.
Heureux ceux et celles qui ne taisent pas leurs divergences si c'est pour exprimer leur
singulière pluralité.

Pour une profane, ça fait chier les jésus qui crient au coucou dés que l'avant-garde situe
l'imaginaire!...Il m'apparait étrange (même si certaines personnes ont une histoire commune)
de vouloir meubler le vide à l'aide d'attaques théorico-branlo-synaptique dont la compréhension
ne demeure accessible qu'à ceux qui le souhaitent et/ou à ceux qui le peuvent en
l'instant.(Il faut un peu de temps pour s'approprier une culture qui n'est pas sienne.)
Si on veut croire que nos actions peuvent impacter, déconstruire, modifier la réalité qui nous
opprime...Alors on doit pouvoir intégrer une conjuguaison créative des différences. Cessons les

« chamailleries » de celui qui avait pensé avant l'autre (il y a toujours un autre qui a
pensé avant nous...d'ailleurs), cessons ce jeu d' ego-crates!
Rentrons dans le vif du sujet avant que le sujet ne nous pique au vif!


En désirant ardemment vous retrouver les 8 et 9 septembre à Culles-les-roches!


?Euh? du CAN 71.


1. Exiler : éloigner quelqu'un d'un lieu (ou d'un soi) et lui interdire d'y revenir, expulser hors de sa « patrie ».

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15 juin 2012 5 15 /06 /juin /2012 14:51

 

Lorsque l'on évoque le nucléaire, on pense immédiatement à la radioactivité et aux irradiations. C'est le problème de base du nucléaire si l'on considère uniquement ses propriétés physiques – je ne développerai pas ici les caractéristiques de la société qu'engendre et façonne son utilisation, en tant qu'arme et énergie. Je m'intéresserai à la radioactivité dans le domaine du nucléaire civil, particulièrement dans les centrales nucléaires, car c'est dans ces bombes à retardement que sont les réacteurs, que la fission nucléaire entraînant la réaction en chaîne, émet de très dangereuses irradiations.

 

Évidemment, il faut de la main-d'œuvre dans les centrales. Ce sont les fameux travailleurs [2]du nucléaire, et eux, ils en bouffent de la radioactivité. Mais, afin d'éviter les catastrophes – l'histoire montre qu'il n'y arrivent pas toujours ! – il faut bien que la « sûreté » des centrales soit assurée. C'est donc les travailleurs œuvrant à la maintenance – souvent embauchés par des sous-traitants – qui s'y collent. On les appelle « la viande à rem » (le rem était une ancienne unité de mesure de la radioactivité), et « nul n'ignore qu'il prend de la dose tous les jours. Nul n'ignore qu'une centrale ne peut pas tourner autrement qu'en irradiant et contaminant la main-d'œuvre chargée de la maintenance. » [3]

 

Malgré cela, les travailleurs du nucléaire veulent bosser pour gagner du fric – cela va de soi (!) –, et vivre leur vie d'homme une fois qu'ils ont quitté le boulot. C'est la que ça se complique, car « on ne dira jamais assez aux travailleurs exploités qu'il s'agit de leurs vies irremplaçables où tout pourrait être fait ; qu'il s'agit de leurs plus belles années qui passent, sans aucune joie valable, sans même avoir pris les armes. » [4] Ce qui les différencie des autres travailleurs qui se tuent au travail, toutes filières confondues, c'est qu'ils se tuent encore plus vite du fait de la radioactivité qu'ils se prennent dans la gueule. De surcroit et péniblement, ils sont « en charge de leur propre ''suivi radiologique'' : ils inscrivent eux-mêmes leur dose sur des fiches de contrôle. Par conséquent, ils ont aussi intérêt à minimiser la dose reçue puisqu'ils savent qu'ils ne doivent pas dépasser les doses officielles, sous peine d'être ''interdit de centrale'' et de ne plus pouvoir travailler avant un moment. Ils sont donc responsables de gagner leur vie comme de la perdre. » [5]La citation suivante d'Henry David Thoreau prend alors tout son sens : « Il n'est pas d'individu plus fatalement malavisé que celui qui consume la plus grande partie de sa vie à la gagner. » [6]

 

Et puisque le sort a voulu s'acharner sur cette main-d'œuvre plutôt masochiste, le risque – et même sa responsabilité, selon les nucléocrates – d'une catastrophe vient s'ajouter au fardeau qu'ils ont sur le dos.

En effet, suite à la catastrophe de Three Mile Island en 1979, « l'ingénierie nucléaire dut se rendre à une douloureuse évidence. Un, les machines ne fonctionnent pas toujours. Deux, on ne peut pas automatiser tout à fait le travail des hommes. Et elle nomma ''facteur humain'' cette tâche d'encre sur son beau dessin. » [7]


Plus de 30 ans après et deux catastrophes de plus – Tchernobyl le 26 avril 1986 et Fukushima le 11 mars 2011 –, Jacques Repussard, le directeur de l'Institut de radioprotection et de sûreté nucléaire (IRSN), déclare dans son intervention à l'Assemblée nationale, le 5 mai 2011, que les travailleurs doivent maintenant savoir « corriger rapidement un dysfonctionnement » et « prendre les bonnes décisions. » [8]À noter qu'il est compréhensible que les nucléocrates préfèrent des héros qui évitent une catastrophe que des héros qui la « liquident » (ce dernier terme est une de leurs inventions leur permettant de mentir sur les conséquences d'une catastrophe).

 

Si on résume le topo, on s'aperçoit que les travailleurs du nucléaire en plus d'être esclaves du salariat, puis de se faire pourrir l'intérieur par la radioactivité, on peut dire qu'ils ont entre leurs mains l'avenir, non seulement d'eux-mêmes, mais également d'un nombre colossale d'individu-e-s, ainsi que de toutes formes de vie sur Terre.

Aussi rappelons que « le nucléaire est partout. Dans chaque fissure des centrales, dans chaque émanation des décharges, dans ce que l'on boit, mange et respire après chaque catastrophe. Il est comme chez lui dans une société où chaque petit besoin préfabriqué trouve naturellement satisfaction dans la servitude toute électrique que l'on prétend imposer au monde entier. Ce que le nucléaire apporte de nouveau c'est un monde totalitairement planifié où seule une vie précaire et dépourvue de sens reste possible. » [9]

 

Si tant est qu'ils puissent devenir, comme on l'a vu, les nouveaux « héros » en évitant la prochaine catastrophe qu'AREVA prépare à coup sûr en France, travailler dans la filière nucléaire a-t-il un sens ?

Au vu des chiffres qui suivent, on dirait fort tristement que oui : « il y a entre 25 000 et 35 000 [travailleurs] en France qui font la maintenance des centrales nucléaires : des ''contrôleurs'' [...], mais aussi des robinetiers, des décalorifugeurs, des mécaniciens,des électriciens, etc. Ils travaillent surtout dans les zones les plus radioactives de la centrale, c'est-à-dire les réacteurs et les circuits de refroidissement. »[10]

On peut dès lors se demander s'ils se rendent vraiment compte du contexte – et de ses conséquences – dans lequel ils travaillent ?

 

Étant donné que la « sûreté » des centrales rime avec toujours plus de paperasse, fruit de nombreuses procédures faisant suite à de tout aussi nombreux « retours d'expérience » des « incidents ». En somme, les travailleurs doivent faire face à un tsunami de bureaucratie ; et fatalement, la réalité qui domine est que « ces procédures, même appliquées à la lettre ne contribuent en rien à rendre les centrales plus sûres, ni à éviter aux travailleurs les radiations mortelles auxquelles ils s'exposent tous les jours. [...] Ils arrivent en tête de liste des morts discrètes de la société nucléaire. [...] L'omniprésente idée de la mort est gommée par l'omniprésente bureaucratie. » [11]

 

À propos des incidences sanitaires dûs à la très forte radioactivité dans les centrales, un ex-travailleur du nucléaire se présentant, après 10 ans de centrale, comme « irradié, contaminé, licencié », nous explique : « Tout le monde est complètement inconscient, séparé, n'ayant aucunlien entre sa chair humaine et ces atomes qui vont la percuter, la traverser. L'irradiation et les conséquences sur la santé, mais alors là, personne n'en a rien à foutre, tout le monde s'en bat la race. »

Même lorsqu'un robot est fabriqué comme par exemple pour une opération de contrôles, où, « il a été conçu pour remplacer l'homme à cet endroit, sous le couvercle de la cuve, trop irradiant et contaminant pour que des hommes puissent y séjourner dans des limites de doses acceptables », quand « il marchait mal, les hommes allaient faire le boulot à sa place. »car étant chargés de la maintenance du robot, de la collecte des informations qu'il recueillait, si ce dernier ne servait plus, alors les travailleurs se seraient retrouvés « sans boulot, sans pognon. » [12]

C'est bien la preuve que le nucléaire est indissociable du capitalisme et qu'ils sont donc tout deux à détruire !

 

L'arrêt immédiat du nucléaire est de toute évidence la seule réalité acceptable qui puisse s'imposer. Une importante force d'opposition radicale reste à construire. Aussi, l'ex-travailleur cité précédemment affirme ne jamais avoir « entendu autant d'arguments antinucléaires que dans les vestiaires des centrales nucléaires, par les travailleurs eux-mêmes. Les travailleurs eux-mêmes sont les mieux renseignés, simplement pour savoir comment ça déconne là-dedans. » Ils sont malgré tout considérés comme « des déchets. » [13]

Ajoutant cela aux conditions de travail dans les centrales, rapportées dans ce texte, j'exhorte les travailleurs du nucléaire à démissionner massivement et à rejoindre la lutte. Ils se réapproprieront ainsi leur vie – ce qui pourrait donner envie à la population d'en faire autant – et créeront une forte déstabilisation de la filière nucléaire que nous aurons « plus qu'à » achever, en se donnant les moyens d'une énergie collective déterminée à en finir avec le nucléaire et son monde.

 

Parce que « le travail est la source de toute misère, ou presque, dans ce monde. Tous les maux qui se peuvent nommer proviennent de ce que l'on travaille – ou de ce que l'on vit dans un monde voué au travail. » [14]

Parce que ce monde, aux oligarchies belliqueuses, car avides de pouvoir et d'argent, donc impérialistes, ont développé cette filière mortifère qu'est le nucléaire.

Parce que, c'est à vous, les travailleurs du nucléaire, qu'il incombe – en plus de subir l'essence tyrannique du salariat – de faire en sorte que les centrales fonctionnent, en affrontant de létales irradiations, et le risque de catastrophe que les nucléocrates vous imputent.

 

Travailleurs du nucléaire de tous les pays, arrêtez vous ! [15]

 

« La liberté est synonyme de puissance, non pas le pouvoir de diriger les autres, mais la capacité de maitriser les évènements de sa propre vie. » [16]

____________________

 

1 Derrière la phrase mythique – à laquelle je me réfère pour ce titre – qui clôture le Manifeste du Parti communiste, il y a l'idée de la dictature du prolétariat qui conduirait à l'abolition de l'État. Derrière ma phrase, il y a l'idée d'une démission du prolétariat, dans la filière nucléaire, qui permettrait l'abolition de cette dernière !

2 Le mot « travailleur(s) » sera au masculin tout au long de ce texte, mais il doit certainement y avoir des femmes qui travaillent dans les centrales ; elles sont donc concernées également.

3 Oublier Fukushima de Arkadi Filine, aux éditions du Bout de la Ville, publié entre le 11 mars (Fukushima) et le 26 avril (Tchernobyl) 2012.

4 Collectif, ''le minimum de la vie'', Potlatch n°4, le 13 juillet 1954, dans Potlatch (1954-1957), éd. Folio.

5 Arkadi Filine, op. cit.

6Citée dans Travailler, moi ? Jamais ! de Bob Black, aux éditions l'Insomniaque.

7 Arkadi Filine, op. cit.

8 Ibid.

9 Tirée d'une affiche datant du 4 août 1992, reproduite dans la brochure Du mensonge radioactif et de ses préposés, Association Contre le Nucléaire et son Monde, nouvelle édition augmentée par Quelques ennemis du meilleur des mondes, mars 2004.

10Arkadi Filine, op. cit.

 11Ibid.

12 Citations des 3 paragraphes : Ibid

13 Ibid.

14 Bob Black, op. cit.

15 Si néanmoins, une fois l'arrêt immédiat effectif, la passion du nucléaire vous appelle à nouveau, vous pourrez postuler dans l'industrie du démantèlement !

16 Théodore J. Kaczynski, ''La société industrielle et son avenir'', dans L'effondrement du système technologique - Unabomber l'œuvre complète, aux éditions Xenia, 2008.

 

 

Un individu

du Collectif Anti-Nucléaire de Saône-et-Loire (CAN 71), juin 2012.

 

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15 mars 2012 4 15 /03 /mars /2012 14:48

 

À mon avis, les moments les plus marquants de la lutte antinucléaire française après Fukushima se sont déroulés en automne 2011 où une trentaine de milliers de personnes sont descendues dans la rue et des centaines se sont réunies lors du camp de Valognes.

En effet, le 15 octobre lors d'un appel national à manifester 20 000 s'étaient mobilisées dans les rues de Rennes, le reste était réparti dans d'autres villes (car des rassemblements ont eu lieu également à Dunkerque, Bordeaux, Toulouse, Le Bugey (Saint-Vulbas), Avignon et Strasbourg).

Quant au camp de Valognes, qui s'est tenu du 21 au 23 novembre, il avait pour but de bloquer le dernier transport de déchets nucléaires CASTOR (Cask for Storage and Transport Of Radioactive Material) qui partait de l’usine de retraitement de la Hague, pour Gorleben, en Allemagne. Initialement prévu du 22 au 24 novembre, le début du camp fut avancé d'un jour dès l'annonce soudaine de l'avance du départ du train le 23 au lieu du 24 : Areva et les nucléocrates ont-ils flippé devant l'initiative du collectif Valognes Stop Castor ? Il en est certain. Le train fut tout de même retardé de 2 heures grâce aux diverses actions menées autour et sur les rails.

 

Quelques mois plus tard, le premier anniversaire de Fukushima arrive déjà : c'est encore un an de trop, dans le sens où le nucléaire – cette énergie mortifère qui va de pair avec le capitalisme – est une gigantesque absurdité, une fausse solution face au réchauffement climatique (diminution soit-disant des gaz à effet de serre), bref une énième possibilité pour les cupides gouvernants et nucléocrates de tous bords, d'amasser les billets.

Malheureusement, on ne peut plus reculer, le Japon est horriblement irradié, le cauchemar est quotidien. La lutte contre l’atome continue et doit continuer en se montrant toujours radicale.

Étant donné que le nucléaire n'est évidemment pas une exception japonaise, la France – qui, faut-il le rappeler (?), est le pays le plus nucléarisé du monde par rapport au nombre d'habitants (19 centrales et 58 réacteurs) – connait une opposition contre l'ordre atomique qui semblerait prendre un élan plutôt vif, déterminé et intransigeant. Fukushima est une catastrophe de trop, dans un monde et une époque où le « trop » généralisé se voudrait – enfin ! – inacceptable. En témoigne les divers mouvements de protestations, de révoltes, d'occupations aux quatre coins du globe ces dernières années, et qui pourront constituer de nouveaux repères pour les révoltes des futures générations.

 

Caractérisés par une rupture avec la position de « sortie » progressive réclamée par le Réseau ''Sortir du Nucléaire'', Greenpeace, Europe Écologie Les Verts, et cetera ; puis – pour la majorité – par une critique radicale de la société façonnée par le nucléaire, c'est-à-dire une société centralisée, autoritaire et impérialiste, divers groupements antinucléaires se sont créés (dont certains à la suite d'une scission avec le Réseau).

Ils adoptent alors une position catégorique, immédiatiste– plutôt évidente dans un contexte de catastrophe, d’autant plus que le spectre fortement irradié de Tchernobyl hante encore quantités de vies et d’esprits – et se résumant assez bien dans l'expression : à danger immédiat, arrêt immédiat du nucléaire, civil et militaire.1

Parmis eux, on peut citer : le Collectif contre l'ordre atomique, le Collectif Anti-Nucléaire de Saône-et-Loire (CAN 71), Valognes Stop Castor, le Comité anti-CASTOR de Tarnac, le Collectif Anti-Nucléaire de la Drôme (CAN 26), et cetera.

Ces organisations font suite ou viennent s'ajouter – non sans divergences – à de plus anciennes (quelques unes sont toujours actives) : l'Association Contre le Nucléaire et son Monde (ACNM), le Comité contre la société nucléaire, la Coordination Contre la Société Nucléaire (CCSN), le Collectif libertaire anti-nucléaire amiénois, Stop Nucléaire Lyon, le Collectif Radicalement Anti-Nucléaire (CRAN), le Groupe d'Actions Non-Violentes Antinucléaires (GANVA)... mais aussi, des organisations libertaires/anarchistes comme l'Organisation Communiste Libertaire (OCL), L'Offensive libertaire & sociale, la Fédération Anarchiste (FA), la CNT-AIT.

Dans ces récentes organisations, certaines sont parties d'une opposition locale axée autour d'une installation, d'une institution, ou d'un projet, à l'échelle d'un village ou d'une ville, d'un département voire même d'une région, en ayant toujours pour finalité un refus, une attaque dirigée contre la filière nucléaire toute entière.

 

Voici, dans l’opposition antinucléaire française après Fukushima, quelques luttes actuelles – certaines existant depuis des années – et à venir, qui à mon avis méritent une attention toute particulière.

Le collectif Valognes Stop Castor et la coordination interrégionale Stop-THT ont organisé des actions post-Valognes (dans la lignée de celles qui précédaient le camp et même Fukushima) : des pique-niques, des randonnées sous les pylônes, des actions de déboulonnages, des visites de chantier du Réseau de transport d’électricité (RTE), contre la ligne à Très Haute Tension (THT) du Cotentin–Maine. Cette dernière devant servir à acheminer l'énergie que produira le futur réacteur de Flamanville – si tant est que son chantier finisse un jour ! La construction de la ligne « a fait suite à la décision d’EDF de la mise en service de l’EPR [initialement European Pressurized Reactor, Réacteur Pressurisée Européen, devenu Evolutionary Power Reactor, Réacteur à Énergie Évolutionnaire]en 2014. RTE s’est alors engagé à construire une ligne électrique aérienne à 2 circuits 400 000 volt permettant d’insérer l’EPR dans le réseau électrique. »2

 

Contre les transports de déchets nucléaires CASTOR, le collectif Valognes Stop Castor, après avoir réussi son pari en novembre dernier, se tient informé et vigilant quant aux passages de nouveaux convois partant de la Hague, ou y arrivant : « Nous avons constaté avec Valognes qu’il existait une possibilité d’intervenir concrètement sur ce maillon de la filière. Nous avons même constaté que c’était une activité quotidienne peu protégée en période « normale » et qu’Areva n’avait pas si peur que ça de nous pour le moment, au point d’accueillir un train de matières radioactives dès le surlendemain de notre action..! Un harcèlement à cet endroit semble envisageable. Intervenir sur les flux de combustible en provenance du Niger ou du Canada (via Le Havre ou Sète, vers Narbonne) semble une autre étape à franchir avec l’intérêt de mettre en lumière cet autre scandale de cette industrie qu’est le mode colonial d’extraction du combustible.»3

 

Après leurs « voyages » en train, les déchets doivent bien continuer d’irradier quelque part ! Le lobby nucléaire, non fier d’avoir à gérer tant de matières radioactives destructrices, entreprend de les cacher : « Entre les départements de la Meuse et de la Haute-Marne, à proximité du village de Bure, étrange ambiance. Depuis 1993, un site d’enfouissement de déchets nucléaires est en projet. Actuellement en cours de construction et baptisé Centre industriel de stockage géologique (Cigéo), il pourrait à terme confiner pendant des milliers d’années 65 300 m3de déchets de moyenne activité et 7 910 m3de déchets de haute activité. »4

Bure Zone Libre (BZL) est le dernier né des collectifs BureStop qui regroupent l’ensemble des associations opposées à l’enfouissement des déchets radioactifs à Bure. Il gère La Maison de Résistance (crée en janvier 2005) à la future poubelle nucléaire de Bure . « Pour contrer la propagande effrénée du labo, la construction d'une salle multi-activités attenante à la Maison a été décidée. Cette salle permettra d'accueillir et d'informer un public plus large que celui que nous recevons aujourd'hui, d'héberger des expositions permanentes et temporaires, d'accueillir les réunions des collectifs régionaux, nationaux et internationaux, etc. » Pour BZL, l'« objectif est également de poursuivre la rénovation de la Maison pour pouvoir continuer d'accueillir, hiver comme été et toujours en auto-gestion, une multitude de militants et d'activistes antinucléaires.
La Maison de Bure héberge tous les projets proposés du moment qu'ils s'opposent au nucléaire et/ou proposent des alternatives à cette énergie mortifère !
Dans notre région très peu peuplée, la Maison de résistance est un outil indispensable de la lutte contre le nucléaire !
»5

 

Ailleurs, les nucléocrates ont choisi une autre « destination » pour les déchets, ils seront entreposés. Une mobilisation s’est organisé : des habitants de Lignières (Cher) et ses environs ont créé le Collectif Berry Vigilance Radioactivité (CBVR) afin d'alerter et d'informer la population sur les conséquences environnementales et sanitaires du futur site d'entreposage de déchets radioactifs de Neuvy-Pailloux (Indre, 34 km de Lignières). « Ce Centre National a pour vocation de rassembler les déchets nucléaires d’une trentaine de sites français. […] Nous nous inquiétons sachant que le rapport d’enquête publique précise que « le tritium .H3, le krypton 85, le radon 222 et ses descendants émis dans l’environnement lors de l’ouverture des fûts ne sont pas filtrables ». Quelles seront les conséquences sur la filière agricole et sur notre santé ? Et a fortiori, quelles seront-elles en cas d’accident ou d‘acte malveillant ? »6Le CBVR a écrit une lettre aux maires et conseillers municipaux du cher, le 7 janvier 2012 ; il a informé la population lors d’une réunion public tenue à Lignières le 26 janvier ; puis s’est joint, le 18 février à Neuvy-Pailloux, à un appel à manifestation unitaire lancé par l’Association Contre le Stockage de Déchets Radioactifs dans l’Indre et le Collectif Citoyen pour les Alternatives au Nucléaire.

 

Toujours en matière de combustibles, mais non comme déchets, car pouvant être soit-disant « valorisés » (vous apprécierez ici la novlangue du lobby de l’atome), le Collectif Anti -Nucléaire de la Drôme (CAN 26) nous alerte dans son tract Brisons les chaînes du nucléaire: « L’enrichissement de l’uranium est à la base de toute l’industrie nucléaire civile et militaire. Avec l’usine d’enrichissement Georges Besse II qui devrait mettre prochainement en service une nouvelle cascade de centrifugeuse sur le site du Tricastin, Areva entend conforter sa position sur le marché de l’enrichissement, où le groupe détient 25% des capacités mondiales disponibles. Sur le même site, il est prévu aussi la construction de l’atelier REC II, nouveau centre de retraitement d’uranium ayant déjà servi. »

Pour Areva uraniumsemble rimer avec avenir, lisez plutôt : « Le développement de l'énergie nucléaire dans le monde va se traduire par une augmentation de la demande en uraniumqu'il faudra convertir. Pour répondre à ces besoins croissants, AREVA a fait le choix de renouveleret de moderniser son outil industriel de conversion en construisant le site de Comurhex II.

La conversion du minerai d'uranium en hexafluorure d'uranium (UF6) représente une étape clé avant l'enrichissement et fabrication du combustible nucléaire.

Comurhex II repose sur des procédés et de techniques qui ont fait leurs preuves, et sur des innovations technologiques qui permettront d'améliorer les performances de production, de renforcer la sûreté des installations et de réduire encore l'impact environnemental des activités.

La première production industrielle, sur une base de 15 000 tonnes annuelles, est prévue dès 2012. Elle sera par la suite étendue à 21 000 tonnes.

Avec COMURHEX II et la nouvelle usine d'enrichissement de l'uranium Georges Besse II, AREVA construit un pôle d'excellence "enrichissement conversion".»7 Vous voyez, ça fait rêver !

 

Il faudra être fort, résistant, tenace, pour empêcher que se déroulent, sous nos yeux, les activités de la filière nucléaire. Nous aurons besoin d’autres initiatives telle celle de Valognes pour les perturber, les freiner et montrer à ces assassins qu’ils ne seront pas maître du destin de la Terre et de nos vies.

Dans ce sens là, il me semble important qu’un maximum de groupements se créent pour informer les populations, insuffler une dynamique de lutte, et pouvoir coordonner ces forces afin de fragiliser – voire même stopper – la machine nucléaire autant que possible, sur le terrain.

 

C’est dans cet esprit là que le CAN 71 s’oppose au nucléaire et à son monde, en adoptant une position immédiatiste (comme développé en début d’article). « Le Collectif Anti-Nucléaire de Saône-et-Loire s’est créé à la suite de la catastrophe de Fukushima. Après Otawa en 1952, Kychtim en 1957, Sellafield en 1957, Three-Mille-Island en 1979 et Tchernobyl en 1986, c’était une catastrophe de trop. Il nous est apparu impossible de rester là sans rien faire et de compter sur d’autres (État, partis politiques ou syndicats) pour envisager une éventuelle sortie progressive du nucléaire ou un quelconque moratoire.

Le monde du nucléaire est un monde où la démocratie n’a pas de place et où le mensonge est maître. C’est lui qui voudrait nous faire croire aujourd’hui que le nucléaire français est meilleur que celui des américains, des russes et des japonais réunis bien que ce soit une technologie très française, le mox, qui empoisonne les japonais pour des centaines de milliers d’années.»8

Nous avons commencé, un mois environ après Fukushima, par de multiples projection-débats dans plusieurs villes et villages de Saône-et-Loire, entrecoupées par diverses actions ponctuelles (publiques ou non, et incluant presque tous les 11 de chaque mois) jusqu’aux 11 septembre. Lors de cette dernière date, nous avons organisé une journée antinucléaire à Chalon-sur-Saône le matin (panneaux d’informations et tractage sur le marché, déploiements de banderoles, dépôt de plaque en hommage aux victimes de l'atome à Fukushima et ailleurs, fausse manchette du Journal de Saône-et-Loire devant les tabac presses et détournement d’une de ses Une). L'après midi s'est déroulée dans un bar à concert en campagne, où des projections et 3 concerts ont eu lieu. Encore quelques projection-débats ont été organisées fin 2011/début 2012 (dont une à Dijon en décembre avec 2 collectifs dijonnais présent à Valognes) ponctuées par la manifestation du 15 octobre où nous sommes allés, au Bugey (Saint-Vulbas) ; et par le camp de Valognes où quelques uns d’entre nous se sont rendu. Le CAN 71 continuera ses actions « ici, en Bourgogne, [où]nous construisons le monde de demain [comme]dirait AREVA qui commande le Pôle Nucléaire Bourguignon et prépare la construction de nouvelles centrales dans le monde. »9 ; et lors d’événements auxquels il lui paraîtra judicieux d’être présent.

 

 

Un individu

du Collectif Anti-Nucléaire de Saône-et-Loire, mars 2012.

 

Notes :

 

1. Comme souvent dans l'industrie, le « progrès » (comme l'appellent les scientifiques et techniciens) est d’abord utilisé/testé à des fins militaires, pour ensuite s'étendre au domaine civil. Mais « un pays qui se dote d’une industrie nucléaire tend à devenir un état policier car il ne vous laissera jamais voir ce qui se passe dans ses centrales.» (phrase tiré d'un documentaire de la Télévision Suisse Romande, dans l'émission Mise au point du 26 février 2012 et visible ici : http://fukushima.over-blog.fr/article-fukushima-un-an-apres-un-reportage-exceptionnel-de-la-television-suisse-romande-100280618.html)

2. http://www.cotentin-maine.com/projet.htm

3. https://valognesstopcastor.noblogs.org/882

4. http://burestop.free.fr/spip/spip.php?article438

5. http://burezoneblog.overblog.com/pages/DEVENEZ_RESIDENT_DE_LA_MAISON_DE_BU RE_-3855609.html

6. http://cbvr.over-blog.com/article-information-du-collectif-berry-vigilance-radioactivite-cbvr-96547447.html

7. http://www.areva.com/FR/activites-806/comurhex-ii-renouvellement-de-l-outil-industriel-de-conversion.html (les mots en gras sont d’eux)

8. http://collectifantinucleaire71.over-blog.com/

9. ibidem

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11 septembre 2011 7 11 /09 /septembre /2011 15:27

 

Bien que n'ayant pas eu du tout le même impacte médiatique - l'orchestration grandiloquente des soit-disant attentats ayant été plus attractive pour les médias de masse que les révélations sur la catastrophe nucléaire de Fukushima et ses conséquences - ces deux évènements sont mortifères. Là aussi, et il ne s'agit pas d'une pseudo-classification sur l'échelle de l'horreur, l'impacte n'est pas le même. Sans rendre négligeables les milliers de morts causés par les « attentats », les conséquences de la fusion des réacteurs Japonais : les contaminations de l'air, de l'eau, des sols, de la chaîne alimentaire et donc des aliments, ainsi que les nombreuses irradiations, provoqueront certainement, sur le long terme, un nombre de morts plus important. En témoigne les retombées de catastrophe de Tchernobyl qui ont causées divers maladies mortelles depuis 1986, et en causent encore aujourd'hui, 25 ans après.

 

Alors pourquoi comparer ces deux catastrophes qui, à première vue, sont différentes ?

D'accord, l'une est d'origine humaine tandis que l'autre est d'origine naturelle [1] ! Mais dans les deux cas en revanche, ce sont bien des gouvernants, des hommes d'État, et divers hommes de pouvoir, qui ont décidés et décident encore d'utiliser des moyens extrêmes très dangereux : fausses attaques terroristes (le 11 septembre 2001) ; utilisation du nucléaire militaire comme arme d'attaque et d'intimidation ; utilisation du nucléairecivil pour produire principalement de l'électricité, en occultant les dangers intrinsèques au processus (gestions de déchets hautement polluants ; risques de catastrophes aux conséquences irréversibles pour la vie sur Terre, comme aujourd'hui suite à Fukushima ; etc) cela uniquement au nom de l'impérialisme (spécialité des U.S.A.), de la cupidité, de la compétitivité mondiale... en un mot du POUVOIR !

 

POUR L'ABOLITION DU CAPITALISME ET DU NUCLÉAIRE.

 

[1] Je parle ici de ce qui déclencha les 2 catastrophes évoquées. Les « attentats » du 11 septembre sont des actes humains ; le séisme et le tsunami qui déclenchèrent la catastrophe de Fukushima, étaient bien 2 catastrophes naturelles. En revanche les centrales nucléaires sont bien des inventions humaines, « gérées » humainement. Donc, dans ce sens, la catastrophe nucléaire en cours au Japon est une catastrophe humaine !

 

 

Nico, du CAN 71

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13 mai 2011 5 13 /05 /mai /2011 14:43

 

Il m'est arrivé à plusieurs reprises, lors de tractages, de débats, de discussions quelconques avec des gens, je veux dire des gens du peuple, de la masse, les citoyen-ne-s Français-e-s, d'être confronté à la notion de confort soit disant engendré par l'utilisation de l'énergie nucléaire. Cela constituait dans la bouche de ces personnes un véritable argument favorable au maintien et à la pérennité de l'utilisation de cette énergie. Je m'insurge contre cette idée, j'écris alors ce qui suit.

 

Mais quel(s) confort(s) permet le nucléaire ?

 

Individuellement :

 

Est-ce le confort de laisser les lumières allumées dans plusieurs pièces à la fois alors qu'une seule est occupée ? C'est sûrement que cela permet d'éviter de lever la main vers un interrupteur pour allumer la lumière en entrant dans une pièce et de lever la main à nouveau pour l'éteindre en en sortant. Certain-ne-s aiment aussi allumer plusieurs lumières dans une même pièce pour le côté esthétique !

Est-ce le confort de recharger son portable à tout va, à force d'être scotché dessus, rendant toutes discussions sans ce gadget de destruction massive, inexistantes car impossibles ? Cela est valable aussi bien pour les adultes que pour les ados et maintenant le portable atteint les plus jeunes encore.

Est-ce pour le confort de recharger sa Nintendo DS dès que le petit voyant rouge indiquant que la batterie est faible s'allume ? Cet objet monopolise l'imagination, l'énergie, la créativité, la sociabilité, etc., de la majorité des enfants dès 6 ans environ, les abrutissant et les rendant dépendant.

Est-ce le confort du micro onde, au pouvoir nutritif évident (qui ne le sait toujours pas ?) qui permet : de ''faire'' à bouffer des plats tout préparés (de merde bien souvent) ; de gagner du temps en évitant de sortir une casserole pour faire chauffer de l'eau avec sa cuisinière ou avec une bouilloire, pour se faire un café ; ou encore de gagner du temps en réchauffant les restes, évitant la même chose que précédemment ?

Est-ce le confort de rester le cul assis devant sa télé pendant plusieurs heures par jour, ou dans le week-end, ou les deux, à se divertir et/ou à ingurgiter de la désinformation ?

Est-ce le confort de mettre ses convecteurs à fond pour que sa baraque ou que son appart' soit à 24 °C l'hiver pour y rester en short et T-shirt ?

Est-ce le confort de regarder les vitrines éclairées des magasins en pleine nuit pour pouvoir consommer dès le lendemain des produits essentiels à la vie ?

Est-ce le confort de sortir de chez soi, une fois la nuit tombée, en étant sûr de retrouver son domicile grâce aux nombreux éclairages publics ?

Et ainsi de suite...

 

A échelle nationale et internationale :

 

Est-ce le confort des déchets nucléaires très dangereux qui sont le problème de base du nucléaire, causant ainsi des maladies graves et mortelles. Déchets que devront gérer, qui vont irradier/contaminer, en plus des présentes générations, un nombre colossal de générations futures ?

Est-ce le confort de l'arme nucléaire qui comme l'ont montré les bombes lancées sur Hiroshima et Nagasaki, étaient d'une bienveillance extrême ?

Est-ce le confort des catastrophes nucléaires se produisant environ tous les 10 ans depuis 1950, en témoigne celle de Fukushima ? Par chance, depuis la catastrophe de Tchernobyl, on sait l'impénétrabilité des frontières Françaises auxquelles devra faire face le nuage radioactif Japonais.

Est-ce...

 

Il en est assez de ces inepties, le confort est une idée qui va de pair avec la société de consommation et donc le matérialisme chronique des sociétés capitalistes. L'accès à l'électricité peut être possible avec des énergies renouvelables (solaire, éolienne, géothermique, marémotrice, hydrolienne, houlomotrice...) donc au delà des alternatives au nucléaire, il y un problème de mentalité induite par le modèle économique en place. L'accomplissement par la possession de nombreux objets/gadgets, majoritairement ceux issus du progrès technologique, a créé une dépendance à un confort abusif mais rendu indispensable par le matraquage publicitaire et donc la mode. La quasi totalité de ces objets/gadgets nécessitent bien sûr une alimentation électrique, d'où un besoin énergétique individuel important.

 

De ce fait, une éducation, une instruction, sur les nécessités intrinsèques à une vie mesurée, avec les besoins qui en découlent, sont indispensables pour sensibiliser les gens aux notions de (sur)consommation et donc de pollution, de gaspillage, de superflue, etc., et de confort. C'est pourquoi je pense qu'une approche réfléchie et consciente des pratiques sociales individuelles et collectives favoriserait des comportements minimisant cet anthropocentrisme lié au sentiment, à la posture de supériorité, que s'est conféré le genre humain. Dès lors, ce dernier, dans ses agissements, prendrait en considération d'autres formes de vie : animale, végétale, minérale, etc., avec lesquelles il vit sur Terre. Cette mentalité lui donnerait donc, à mon avis, l'envie de mener une vie libérée de l'énergie nucléaire et du mode de vie capitaliste qui la justifie.

 

N.,

du CAN 71

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