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  • : Collectif Anti-Nucléaire de Saône-et-Loire (CAN 71)
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Collectif Anti-Nucléaire de Saône-et-Loire

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19 octobre 2012 5 19 /10 /octobre /2012 17:58

 

 

Le mardi 16 octobre 2012, à l'IUT de Chalon sur Saône, une conférence sur l'enrichissement de l'uranium, de Gérard Perrat (Directeur technique et industriel chez AREVA, ex-directeur de la Société d'Enrichissement du Tricastin - SET), était programmée par l'UTB (Université pour Tous de Bourgogne).

            À cette occasion, des individu.e.s (de Saône et Loire et de la Drôme) sont venu.e.s perturber le déroulement de cette séance de propagande d'AREVA.

 

            Trois tracts ont été distribués, à la trentaine de personnes présente, ainsi qu'à ce laquais de chez AREVA :

> Ce soir AREVA encore mentir... (par des Antinucléaires contre le monde atomique) ; reproduit ci-dessous.

> La routine du désastre dans la plateforme du Tricastin ?

>Les rentiers du nucléaire veulent faire fructifier leur rente (ces deux derniers textes sont signés par  Quelques membres de la coordination contre la société nucléaire) ; ils sont lisibles sur ce blog, dans l'ongle : Divers tracts, textes, etc.

           

            Sans jouer le jeu de la contre-expertise du citoyennisme Vert ou en Réseau, l'objectif était la dénonciation, d'une part, de la logique capitaliste et technoscientiste à laquelle répond la filière mortifère du nucléaire ; puis d'autre part, du négationnisme d'AREVA et du gouvernement français face à la catastrophe atomique de Fukushima, qui les conduit à préparer la prochaine catastrophe en France en planifiant là survie en territoire contaminé, comme en témoigne le CODIRPA (voir le 1er tract).

            À la sortie de l'IUT, 4 mecs de la BAC – appelés pendant l'action par un membre de l'auditoire – ont relevé les identités de 5 personnes, non sans essuyer d'insistantes critiques sur leur façon de faire ainsi que sur le nucléaire et la conférence.

 

 

Ce soir AREVA encore mentir...

 

                La conférence de ce soir (le 16 octobre 2012) n'est rien d'autre que la propagande dont AREVA à besoin pour maintenir son pouvoir, poursuivre la domination du monde, et la dépossession de nos vies.

 

                Voici comment est exposé le thème de la soirée : « L'enrichissement de l'uranium est une activité stratégique pour pouvoir fabriquer le combustible qui servira à alimenter les centrales nucléaires de production d'électricité. Au milieu des années 1970, suite au premier choc pétrolier, les pouvoirs publics ont décidé la fabrication d'une usine gigantesque destinée à approvisionner les centrales nucléaires françaises afin d'assurer l'indépendance énergétique française et de pouvoir produire de l'électricité à bon marché. Cette usine Eurodif, utilisant le procédé de diffusion gazeuse, s'est appelée Georges Besse en mémoire de son premier directeur. Après plus de 30 ans de production ininterrompue sans problème, début des années 2000 AREVA a décidé de fabriquer une usine d'enrichissement par centrifugation pour remplacer l'usine Eurodif. Cette nouvelle usine, appelée Georges Besse II, a été construite dans les délais impartis et a démarré fin 2010, remplaçant ainsi Eurodif qui a pu s’arrêter en juin 2012. » 1 

 

                Le discours d'AREVA est clair, le nucléaire est plus que jamais d'actualité, et la multinationale sur son site internet annonce ses objectifs pour 2012, en voici un concernant le thème de la conférence : « Le développement de l'énergie nucléaire dans le monde va se traduire par une augmentation de la demande en uranium qu'il faudra convertir. Pour répondre à ces besoins croissants, AREVA a fait le choix de renouveler et de moderniser son outil industriel de conversion en construisant le site de Comurhex II. La première production industrielle, sur une base de 15 000 tonnes annuelles, est prévue dès 2012. Elle sera par la suite étendue à 21 000 tonnes. Avec COMURHEX II et la nouvelle usine d'enrichissement de l'uranium Georges Besse II, AREVA construit un pôle d'excellence "enrichissement conversion".» 2 

 

                Cependant avant de pouvoir enrichir l'uranium, AREVA extrait de la matière première (le yellowcake) dans les mines du Niger, principalement. Cela se fait aux dépends de la population locale et l'exploitant comme main d’œuvre. Parler alors d'indépendance énergétique revient à dire que le Niger est un territoire français. Le glissement sémantique est révélateur du néo-colonialisme de la firme française, qui est une réalité quotidienne et un maillon clé de la filière atomique. Néanmoins AREVA continue d'occuper le Niger avec l'autorisation d'exploiter sur plus de 35 ans le nouveau site minier d'Imouraren, considéré comme un des gisements uranifères les plus importants au monde.

 

                En outre, parler d'une production d'électricité à bon marché voudrait dire prendre en compte uniquement le coût de vente de cette énergie. Hors, s'il y a bien un coût à considérer dans le nucléaire, c'est celui de son existence propre, c'est à dire : la globalité du processus qui permet au final de produire de l'électricité. De l'impacte sanitaire et social irréversible sur les populations qui sont touchées par l'extraction de l'uranium, aux irradiations qui émanent des centrales et leurs effets moribonds sur les populations voisines ; de la gestion ingérable des déchets nucléaires qui implique un déterminisme pour les milliers de générations futures, aux risques de catastrophes nucléaires dont la France n'est pas à l'abri ; etc ; on peut donc dire que « les coûts du nucléaire sont incommensurables puisqu'il s'agit du seul investissement qui aura été lancé pour l'éternité. » 3 

 

                La volonté pour AREVA et l’État français d'être un des principaux acteurs mondiaux sur le marché de l'uranium et plus largement une puissance mondiale dans le domaine du nucléaire, est une négation la plus totale de la catastrophe atomique de Fukushima, qui semble, pour les nucléocrates, ne demeurer qu'une réalité japonaise. Rappelons qu'à peine deux mois après l'accident, Sarkozy – dans un style linguistique bien à lui – affirmait que « pendant 40 ans, 50 ans, nos prédécesseurs ont investi dans cette technologie... Et il faudrait que parce qu'il y a eu un tsunami... au Japon... on remette en cause... ce qui fait la force de la France ?... ce qui fait la fierté de la France, ce qui fait l'indépendance de la France ?... Ce serait un choix irréfléchi et déraisonnable. » 4 Aujourd'hui, c'est au tour de Montebourg (actuel ministre du redressement productif, du gouvernement Ayrault) d'afirmer que le nucléaire est « une filière d'avenir ». 5 Puis d'ajouter le lendemain, que « [s]es propos (…) [étaient] dans la droite ligne de ce qu'a été le discours de campagne de François Hollande. » 6 Ce dernier, rappelons-le également, est issu du Parti Socialiste ; il est donc toujours prégnant que le gouvernement français qu'il soit de droite comme de « gauche » marche main dans la main avec AREVA, ce dernier voulant maintenir sa position de leader mondial sur le marché de l'uranium et faire tourner ses nouvelles usines de conversion (Comurhex II) d'enrichissement (Georges Besse II) et de retraitement (REC II).

 

                Néanmoins pour l'ASN (l'Autorité de Sûreté Nucléaire), organisme d’État, « personne ne peut garantir qu'il n'y aura jamais en France un accident nucléaire » 7 Donc, pour nous préparer à vivre en territoires contaminés en cas de catastrophe, le CODIRPA (COmité DIRecteur pour la gestion de la phase Post Accidentelle d'un accident nucléaire ou d'une situation d'urgence radiologique),datant de juin 2005, « a pour objectif de préparer des dispositions visant à répondre aux problèmes complexes de la gestion post-accidentelle, en particulier ceux portant sur la gestion sanitaire des populations, les conséquences économiques ou la réhabilitation des conditions de vie dans les zones contaminées. » 8 L'ASN, dans un souci de diffusion du travail du CODIRPA auprès de la population, a confié une mission au cabinet Triesse de Lyon. Celle-ci a pour objectif un lavage de cerveaux généralisé, pour faire accepter le nucléaire dans sa dimension catastrophique. En somme banaliser pour le meilleur des mondes... nucléarisé !

 

            Le nucléaire militaire, qui est avant tout le germe de l'exploitation atomique, puis les centrales nucléaires civiles qui lui servent de prétexte, en plus de permettre le développement d'une société industrielle totalitaire, ne répondent qu'à une logique technoscientiste qui a pour but la domination du monde. De Hiroshima à Fukushima, l'industrie de l'atome ne laisse aucune place à un avenir humain mais n'est qu'une entreprise de destruction massive.

 

Des antinucléaires contre le monde atomique



1. http://www.utb-chalon.org/index.php?contribId=230319a8dc4a4d9c5ac61e879d942ede9493c98f

2. http://www.areva.com/FR/activites-806/comurhex-ii-renouvellement-de-l-outil-industriel-de-conversion.html (les mots en gras sont d’eux)

3. http://rebellyon.info/La-cle-plutot-que-la-chaine.html

4. Sarkozy le 3 mai 2011 lors de sa visite à la centrale nucléaire (la plus puissante d'Europe) de Gravelines.

5. Le dimanche 26 août 2012 sur BFM TV.

6. Déclaration à la presse, lors d'une visite chez l'opticien Atoll à Beaune (Côte-d'Or), le 27 août 2012.

7. A. C. Lacoste, Président de l'ASN, le 30/03/2011 sur LCP Assemblée nationale

8. http://www.asn.fr/index.php/Bas-de-page/Sujet-Connexes/Gestion-post-accidentelle/Comite-directeur-gestion-de-phase-post-accidentelle

 

 

 


 

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19 octobre 2012 5 19 /10 /octobre /2012 16:13

 

  « Maintenant que vous avez bien vu le tourbillon, me dit le vieil homme, si vous voulez que nous nous glissions derrière cette roche, sous le vent, de manière qu’elle amortisse le vacarme de l’eau, je vous conterai une histoire qui vous convaincra que je dois en savoir quelque chose, du Moskoe-Strom ! »

extrait de la nouvelle Descente dans le maelstrom d'Edgard Allan Poe


Le 4 novembre 2010, l'ASN (Autorité de sûreté nucléaire), parfois appelée « le gendarme du nucléaire » dans les médias, avait autorisé EDF, dans son avis 2010-AV-0100, à exploiter le réacteur n° 1 de la centrale nucléaire du Tricastin (nommé Eurodif puis George-Besse depuis 1988) pour 10 années supplémentaires. Ce réacteur, mis en service en 1980, déjà vieux de 30 ans, va donc pouvoir fonctionner jusqu'à 40 ans au moins. Les tranches 900 MW de la centrale d'Eurodif font partie des plus anciennes de France. Elles sont donc les premières pour lesquelles EDF demande une « prolongation » de leur durée de vie. Ces réacteurs étaient prévus à l'origine pour fonctionner 25 à 30 ans, mais aucune date limite d'utilisation n'avait été vraiment fixée. De fait, tous les 10 ans, les réacteurs français sont auscultés pour savoir si on les autorise à repartir pour 10 années supplémentaires, moyennant quelques travaux de « remise à neuf ».

 

Évidemment la réponse est presque toujours positive, et de là à penser que cette évaluation par l'ASN est de pure forme… non sans tortiller. Par exemple, l'ASN dans son rapport annuel sur l'état de sûreté nucléaire et de radioprotection en 2011 dans la région Rhône-Alpes et Auvergne daté du 4 juillet 2012 rappelle « avoir rendu son avis sur l’aptitude du réacteur n° 1 (…) à être exploité pour une durée supplémentaire de 10 ans après 30 ans de fonctionnement »en ajoutant au paragraphe suivant qu’elle « impose », avec la fougueuse détermination du gendarme débonnaire, « à EDF d’améliorer la protection de la centrale nucléaire du Tricastin vis-à-vis du risque d’inondation avant le 31 décembre 2014 ». C’est dire qu’entre le 4 novembre 2011 et le 31 décembre 2014, l’ASN assume explicitement les risques, au moins ceux d’une inondation. L’ASN suppose ce risque négligeable selon un raisonnement statistique, puisqu’elle avait précisé sa préconisation, dans sa décision du 27 mai 2011 : majorer de 15 % le débit de la crue millénale du Rhône. Et voilà le citoyen comptable rassuré : 15 % plus haut de l’altitude atteinte en moyenne tous les 1 000 ans, cela paraît rassurant, en chiffres. EDF sait dresser les fleuves.

 

Cette continuation dans l’acception du risque avait été repérée dans le livre d'Arnaud Michon : « L'ASN pouvait-on lire dans le journal le Monde, en 2008 : "en lien avec des services et agences de l'État, les opérateurs nucléaires et certains acteurs associatifs"se placent "désormais dans la perspective ou [l'accident] surviendrait bel et bien". »2Tout se présente d'ailleurs sous les heureux auspices du malheur puisqu'une « masse d'interrogations » aurait d'ores et déjà émergé des « groupes de travail spécialisés chargés d'imaginer cette perspective »3, comme s’en prévaut le CEPN, organisme collégial assemblant EDF, l’IRSN, Areva et le CEA.Fort de cette masse d’interrogations, le pas de la minimisation des risques est vite franchi… surtout quand on sait que EDF a déjà prévu de faire durer ses réacteurs jusqu'à 50 ou 60 ans !

 

Le réacteur n° 1 du Tricastin ne risque pas seulement l’inondation. Il est l’un des plus vétustes du parc national. Sa cuve en acier (celle qui contient le cœur produisant la chaleur) est en effet très fragilisée, bien plus que prévu à l'origine. Elle ne comporte pas moins de 25 fissures horizontales, dénommées « défaut sous revêtement » dans leur jargon. À titre de comparaison, le plus vieux réacteur de France, à Fessenheim, le deuxième au classement des fissures, n'en comporte « que » 5... Par ailleurs, l'évolution de l'acier de la cuve soumis aux rayonnements intenses l'a rendu plus cassant, et pour cette raison, par exemple, la température de la cuve ne doit pas descendre en dessous de 80°C. On imagine aisément la pénibilité du travail pour les trimardeurs qui vont ressouder un tuyau à côté d'une cuve d'eau presque bouillante. Il est d'autant plus stupide de prolonger un réacteur en aussi mauvais état que, d'ici 2013, deux réacteurs sur les quatre que compte la centrale Eurodif seront inutiles. Si l'usine d'enrichissement d'uranium Georges-Besse I avait besoin de l'électricité émise par trois réacteurs, Georges-Besse II ne consommera même pas la production d'un seul réacteur. Pourtant le réacteur n° 1 a été démarré à nouveau.

 

Le silence4du Réseau sortir du nucléaire 26 -07 et des diverses associations citoyennes sur le réacteur n° 1, tempéré à la jésuitique mode stalinienne de la falsification volontaire par un effet de manche relatant, sur son site Internet au 7 août, une autre conférence de presse que celle qu’ils firent réellement, comme ceux concernant George-Besse II ou l’usage du trifluorure de chlore est un exemple de leur collaboration avec des institutions étatiques.

 

« À l’époque des peurs catastrophistes, ce mensonge fond les mots de la critique des nuisances dans les chiffres économiques : les comptes se règlent en sievert par seconde selon les échéances morbides mais statistiquement certifiées d’un mode de production de déchets et de maladies qui s’évaluent en demi-vies. »5

 

Pourquoi un tel acharnement à utiliser des réacteurs en fin de parcours ? Ce n'est pas que pour la gloire de l'énergie nucléaire : l'aspect financier est aussi très présent. Un nouveau réacteur, un EPR par exemple, coûte au bas mot 4 milliards d'euros. Or la remise à neuf (en changeant certains composants, et en effectuant des améliorations, etc.) d'un vieux réacteur pour le faire durer 10 ou 20 ans de plus ne coûte « que » 400 millions d'euros. EDF réalise donc une économie énorme en prolongeant la durée de vie de ses réacteurs.

 

Comme le disait en 2009 aux Échos un certain Patrice Lambert de Diesbach, analyste chez CM-CIC : « l'électricien [EDF] peut augmenter de 30 % le retour sur investissement de son parc en augmentant la durée d'utilisation ». On espère pour lui que le sieur Patrice possède un point de chute en Australie pour le moment où le retour sur investissement fera péter une cuve de réacteur ...

 

Encore une fois, mais là de façon particulièrement criante, les prétendus impératifs économiques passent avant les risques graves qui concernent au minimum une région entière. Et ce n'est que le début. La visite décennale du réacteur n° 2 de Tricastin qui débutait en janvier 2012 s’achèvera début 2013, d'après l'ASN, pour voir si lui aussi pourra fonctionner 40 ans. Les nucléocrates d'EDF peuvent dormir tranquilles : maintenant que leur réacteur le plus pourri a été validé, les autres suivront sûrement !

 

La routine du désastre est déjà présente à travers la multiplication quotidienne de ce que l'ASN qualifie par euphémisme d’« incidents ». Les nucléocrates et les cogestionnaires distinguent les rejets des centrales des effluents : « Si la pollution principale due aux centrales est de nature radioactive, elle ne doit pourtant pas occulter les pollutions thermiques (perturbations vitales des cours d'eau par les rejets d'eau chaude) et chimiques (rejets de sulfate dans les cours d'eau suite à l'utilisation d'acide sulfurique dans les circuits, par exemple) »6.Ces rejets, l'ASN les contrôle aussi scrupuleusement que le reste, et au côté de son gendarme, l’État tient le rôle de pompier pyromane. Il a mis en place ce merdier et joue maintenant le protecteur, le seul à pouvoir assurer la sécurité des populations est le même qui les terrifie. L'État japonais a convaincu la population de vivre une demi-vie en zone contaminée. En septembre 2012 à Tokyo, les clients de supermarchés achètent les légumes avec un compteur Geiger (pour vérifier le taux de radioactivité).

 

  • Apprenons à déjouer leur jargon, à échanger entre nous des informations

 

  • L'importance de la discussion réside dans le fait qu'il faut envisager la réalité du rapport de force

dans la lutte contre le nucléaire

 

  • Nous ne sommes pas des cobayes résignés du désastre en cours. Dans la lutte antinucléaire, il ne s'agit pas de choisir le moindre mal (centrale à Gaz) ni l'illusion renouvelable (éolien, solaire, biomasse à bois7) mais de nous attaquer à l'ensemble de cette société capitaliste industrielle et de classe qui le justifie

NON AUX MILITAIRES NON AU NUCLÉAIRE !!!

 

quelques membres de la coordination contre la société nucléaire : collectif libertaire amiénois antinucléaire

CNT-AIT c/o CTC, 151 rue Dejean, 80060 Amiens Cedex 9
Collectif Libertaire Anti Nucléaire c/o le laboratoire anarchiste 8 place Saint-Jean 26000, Valence

 

Notes :

1 Le site du Tricastin est un modèle de mutation industrielle, son passé perdure puisqu’on assure y démanteler George-Besse I, mais pas ses réacteurs, en tout cas le n° 1, pour le n° 2, la décision est prévue pour mai 2013. Son avenir s’appelle Comurhex II (le suffixe « hex » renvoyant à la fonction de conversion du minerai d’uranium en hexafluore d’uranium) il s’agit d’une plateforme industrielle installé sur le site du Tricastin regroupant plusieurs usines chimiques, nucléaires. usine biomasse à bois, une pisciculture... Juridiquement, Comurhex est une filiale d’Areva, techniquement, il s’agit de « son outil industriel de conversion » [http://www.areva.com/FR/activites-806/comurhex-ii-renouvellement-de-l-outil-industriel-de-conversion.html], ce qui est pudiquement nommé « conversion » est en fait procédé d’enrichissement de l’uranium, assurement plus mieux que l’ancien.

2 Le Sens du vent p. 28 éd. Encyclopédie des nuisances, mai 2010.

3 Le CEPN, Centre d'étude sur l'évaluation de la protection dans le domaine nucléaire.

 

4 Mardi 7 août lors de la conférence de presse le RSDN 26-07 à Tricastin a fait le silence complet sur le rôle de l'ASN. En effet cette organisation étatique est favorable à une prolongation de 10 ans, pour la durée de vie du réacteur N°1 du tricastin.( voir compte rendu du D.L. du 8 août)

5 Extrait du tract Que reste-il du Réseau sortir du nucléaire ? ACNM, le 15 septembre 2012/09/ 2012

 

6 Le document électronucléaire : Danger, publié en 1977 par le Gsien (groupent de scientifiques pour l'information sur l'énergie nucléaire) est précieux pour comprendre ces pollutions méconnues.

7 Le groupe Coriance gère une centrale de cogénération biomasse à bois et 4 chaudières à gaz dans Comurhex II.

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31 août 2012 5 31 /08 /août /2012 18:53

L'installation Eurodif (pour European Gaseous Diffusion Uranium Enrichissement Consortium) rebaptisée après l'assassinat d'un gestionnaire d'Etat « usine Georges Besse », est  la propriété du groupe Eurodif Production (filiale d'Areva). Elle est située sur le site nucléaire du Tricastin, où elle a été construiteà la fin des années 70 pour produire l'uranium enrichi consommé par les centrales nucléaires françaises ainsi que par une partie des centrales d'Europe occidentale et du monde (Japon, Afrique du sud, Chine, ...). Eurodif fournit une centaine de réacteurs, soit à peu près le quart de la production nucléaire mondiale.

 

Son principe de fonctionnement, que nous allons décrire, est simple mais très consommateur d'énergie : en moyenne 3 des 4 réacteurs nucléaires de la centrale du Tricastin servaient à sa consommation électrique, c'est à dire que cette usine était la plus grosse consommatrice d'électricité de France. Le principe mis en œuvre à Georges Besse est basé sur la mise en place d'un grand nombre de barrières poreuses, au travers desquelles passe du fluorure d'uranium gazeux, de façon à l'enrichir au fur et à mesure. A l'époque, cependant, une autre technique d'enrichissement de l'uranium avait été développée, utilisée notamment en Russie, au Pakistan et aux Pays-Bas : la méthode par centrifugation. Cette technologie, si elle n’avait pas un brevet français, avait néanmoins cet avantage de consommer 50 fois moins d'électricité. Eurodif Production a fini par racheter ce brevet il y a quelques années et a construit Georges Besse 2, nouvelle usine à centrifugeuses sur le site du Tricastin.  . Georges Besse a été arrêtée et le démantèlement de ses structures gigantesques est en préparation. L'usine va être déconstruite, de façon notamment à récupérer ou recycler ce qui peut l'être : par exemple l'acier utilisé dans les colonnes de diffusion (soit environ 130 000 tonnes).

 

Mais voilà le hic : l'uranium étant radioactif les parties de l'usine contaminées par celui-ci sont des déchets radioactifs, et ne peuvent donc pas être recyclées ou mises dans des décharges « normales ». Notamment ces 130 000 tonnes d'acier, ainsi que les barrières poreuses métalliques (pas loin de 30 000 tonnes de métal), sont « imprégnées » par quelques centaines de tonnes d'uranium. Areva cherche donc à récupérer à tout prix cet uranium, pour plusieurs raisons :

- Limiter le volume des déchets

- Récupérer les 300 tonnes d'uranium « coincées » et « partiellement enrichi[es] » dans les cascades et tuyaux des installations.

Le Directeur d'Areva Tricastin souhaiterait même que l'acier, une fois traité, soit recyclé sous forme de clous, de châssis de tracteur ou de poutrelles(construction métallique), par exemple  ce qui permettrait de le revendre au lieu de payer pour s'en débarrasser. (Une augmentation déguisée de plus du bruit de fond de la radioactivité naturelle.)

- Enfin il y a un enjeu économique à moyen terme : l'entreprise Areva veut montrer sa soi-disant  « expertise » en termes de démantèlement d'installations nucléaires, afin de se placer sur le terrain du démantèlement et des futurs marchés qui se profilent dans le monde entier,compte tenu l’âge de la première génération de centrales.

Pour récupérer cet uranium, Areva va utiliser un produit d'une dangerosité et d'une toxicité peu commune : du trifluorure de Chlore (CIF3). Là dessus les responsables du Tricastin sont très discrets, et pour cause ! Ce produit est très fortement corrosif pour les tissus humains et pénètre par la peau dans l'organisme, où il est extrêmement toxique pour le système nerveux. Il peut  aussi produire facilement des acides chlorhydriques et fluorhydriques, qui sont des poisons très agressifs particulièrement pour les poumons. Par ailleurs, le CIF3 explose avec l'eau, et brûle à peu près tout, souvent sans avoir besoin d'ignition. Sa combustion dégage des produits fluorés très toxiques. Comment peut-on faire pour l'éteindre alors ? L'amiante et les produits « étouffants » n'ont pas d'effet. Pire encore, un feu de ClF3 ne peut pas être éteint par du sable car celui-ci brûle aussi ! Il semblerait qu'il n'existe pas de solution à ce problème. Pour citer un chercheur américain qui avait travaillée sur les carburants pour fusée, et notamment sur ce produit : « je ne connais qu'une solution : prévoir de bonnes chaussures de sport, et courir vite ! ». Enfin le trifluorure de Chlore attaque aussi le béton : lors d'un accident industriel où un fut de ClF3 s'est renversé, le produit a traversé environ 30 cm de béton.

 

            Bien sûr le CIF3 est déjà utilisé dans l'industrie, notamment sur la plate forme comurhex du Tricastin, mais en faible quantité, de l'ordre du kilogramme [1]. Mais là, ce seront environ 50 tonnes par an qui seront produites, pour récupérer l'uranium

            Évidemment, on nous promet que tout se passera bien, et les institutions préparent des plans en cas d'accident, qui servent essentiellement à rassurer tout le monde, à commencer par les décideurs et les technocrates eux-mêmes. Mais comment peut-on être sûr d'avoir tout pris en compte ? Que feront les pompiers face à un incendie que rien ne peut éteindre, et qui peut leur brûler les poumons ? C’est la même chose que le sodium utilisé dans les surgénérateurs, qui s'enflamme spontanément à l'air et dont on ne sait pas éteindre le feu. Sa récupération est extrêmement compliquée, et une explosion de sodium a fait un mort en 1994 lors du démantèlement du premier surgénérateur français.

 

            La seule bonne solution consiste, à notre avis, à se poser la question de l'utilité de toutes ces usines nucléaires afin de stopper leur fuite en avant destructrice. Les usines du Tricastin (comurhex II) manipulent quotidiennement des produits radioactifs, très toxiques (les 50 tonnes annuelles de ClF3 n'en sont finalement qu'un exemple extrême), et tout ça pour quoi ? Produire toujours plus d'électricité, pour produire un monde nocif pour ses habitants et la planète entière.

            Toute cette énergie vise avant tout à nous soumettre à un mode de vie et à un monde que nous n'avons pas choisis, à nous faire accepter des décisions qui nous ont été imposées, et dont le nucléaire est l'illustration parfaite.

            L’énergie atomique sert les intérêts de l'État et des capitalistes, peu importent pour eux les dangers qu'elle fait peser sur nos têtes. Ainsi l'industrie nucléaire s'est toujours illustrée en produisant et utilisant les poisons les plus toxiques jamais inventés par l'humanité, dont le CIF3 fait partie.

Il fallait bien faire à Eurodif un peu de publicité citoyenniste, c’est ainsi que nous avons vus une petite protestation des élus d'EELV dans le quotidien local contre l'utilisation (le13 mars 2012 ) du CIF3.

Personne ne doit oublier que l’expérience de Fukushima nous montre sans risque d’erreur qu’en cas de catastrophe les autorités ne pourront rien faire d’autre que de nous « aider » à vivre en zone contaminée, c'est-à-dire, de nous empêcher d’en partir [2].

 

Nous, nous ne sommes pas des lanceurs d'alerte. Nous ne participons pas à l'acceptation d'une décision ni à une quelconque manipulation de l'État pour faire accepter des choix politiques qu'il a déjà faits. On se déferra du nucléaire qu'en s'en prenant aux fondements du monde qui l'a produit.

 

Nucléocrate sers-toi de ta cravate

Août 2012.

Quelques membres de la coordination contre la société nucléaire

où et comment nous joindre

collectif libertaire  anti-nucléaire amiénois

CNT-AITC/oCTC,151rue Dejean , 80060 Amiens Cedex 9

Collectif libertaire anti-nucléaire C/O le laboratoire  anarchiste 8 place ST JEAN valence 26000     



[1]. Bien sûr nous sommes opposés à toute utilisation de produits aussi toxiques que le ClF3. Cependant, les consommations sont en général de l'ordre de quelques kilos, ce qui est très loin des quantités astronomiques prévues au Tricastin 

[2] Voir le documentaire Fukushima une population sacrifiée documentaire de D. Zavaglia visible sur dailymotion

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