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  • : Collectif Anti-Nucléaire de Saône-et-Loire (CAN 71)
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Collectif Anti-Nucléaire de Saône-et-Loire

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28 avril 2012 6 28 /04 /avril /2012 13:22

 

Le slogan antinucléaire que l’on entendait dans les années soixante-dix était « société nucléaire, société policière ». Or, tout indique que le slogan le plus adaptée devrait être « société nucléaire, société militaire », comme l’avait déjà indiqué à l’époque Roger Belbeoch1.

 

Depuis, à Tchernobyl, nous avons pu assister au sacrifice des « liquidateurs », qui ne se sont pas sacrifiés d’eux-mêmes mais qui ont été sacrifiés par l'État soviétique.

Le sacrifice de ces « pompiers » soviétiques, n’a été possible que « grâce » à l’existence d’un système totalitaire en ex-URSS. Seule l’existence de ce système totalitaire a permis à l'État de contrôler l’information et d’obliger des gens à se sacrifier2.

 

Qu’en serait-il en France en cas de catastrophe ?

Nous savons que l’accident nucléaire a été prévu en France depuis longtemps, bien avant les antinucléaires qui l’ont plutôt négligé. Passons sur la Convention de Paris de 1961, qui prévoyait déjà la responsabilité exclusive de l’exploitant, et la limitation de cette responsabilité en montant et en durée, et rappelons que la loi du 30 Octobre 1968 mettait en œuvre une responsabilité « limitée » à 600 millions de francs pour les exploitants, et exonérait de toute culpabilité le constructeur, les prestataires et les sous-traitants, l’ASN, l'administration, les préfets, le gouvernement et les parlementaires…

Voyons maintenant, trois textes qui sont parus en 2003 au Journal Officiel et qui montrent, la militarisation de lasociétéengendrée par les risques nucléaires :

Le premier texte, l'arrêté du 24 juillet 20033, publié au Journal Officel le 9 août,relatif à " la protection du secret de la défense nationale "va bien plus loin qu'une atteinte à la diffusion d'informations relatives aux transports de combustibles, cet arrêté implique une restriction considérable de la liberté d'expression et la lourdeur des sanctions pourrait réduire au silence n'importe quelle association.
Cet arrêté s'inscrit dans un contexte qui entérine la main mise de la défense nationale dans la gestion d'accidents nucléaires ou radiologiques sur des installations civiles.

Ledeuxième texte, le décret présidentiel n° 2003-865 du 8 septembre 20034" portant création du comité interministériel aux crises nucléaires ou radiologiques" (CICNR)fait explicitement référence dans les attendus aux attributions du secrétaire général à la défense nationale, celui-ci a un rôle prépondérant.
Art. 1er" En cas d'accident survenant dans une installation nucléaire de base, une installation nucléaire de base secrète, au cours d'un transport de matières nucléaires ou radioactives intéressant le secteur civil ou la défense ou sur tout système nucléaire militaire, ainsi qu'en cas d'attentat ou de menace d'attentat ayant ou pouvant avoir des conséquences nucléaires ou radiologiques, le premier ministre peut réunir un comité interministériel aux crises nucléaires ou radiologiques (CICNR). Ce comité est chargéde proposer au Premier ministre les mesures à prendre. (...)[c'est] le secrétariat général à la défense qui en assure le secrétariat.

Art. 2 (...) c'est " le secrétaire général à la défense nationale qui est informé sans délai de la survenue d'un accident, attentat ou d'une menace de nature nucléaire ou radiologique. Il assure alors la synthèse de l'information destinée au Président de la République et au Premier ministre ".

Le troisième texte, l'arrêté du 13 octobre5donne les niveaux d'intervention suivants en situation d'urgence radiologique
-une dose efficace de 10 mSv pour la mise à l'abri
-une dose efficace de 50 mSv pour l'évacuation
-une dose équivalente à la thyroïde de 100 mSv pour l'administration d'iode stable

Avec un radiamètre classique on peut mesurer, en temps normal, le débit de dose externe en un endroit déterminé et, en cas d'accident, faire soi-même ses prévisions de dose externe mais il n'en est pas de même de la
contamination interne. Il est préoccupant de savoir qu'il faudra se fier au terme source fourni par l'exploitant, se fier aux experts officiels faisant les calculs avec des modèles de diffusion des différents radionucléides émis, et que, d'après le code de la santé publique et son article R.1333-81 c'est " le préfet [qui]décide de la mise en oeuvre " de tout ou partie des actions de protection en appréciant notamment si le préjudice associé à l'intervention n'est pas disproportionné par rapport au bénéfice attendu ".
Soulignons que dans l'arrêté les femmes enceintes et les jeunes enfants ne sont pas considérés à part pour la protection de la thyroïde et que pour ces catégories il n'est pas préconisé une dose équivalente à la thyroïde plus faible qui a été demandée en 1994 par le Dr Baverstock de l'OMS. On remarquera aussi que l'arrêté ne traite pas des interdictions de nourriture.

Un autre décret présidentiel n°2008-378du 21 avril 20086institue un conseil de politique nucléaire qui étend tous les pouvoirs du Président de la République du nucléaire militaire, au nucléaire civil : la recherche, l’exportation, la sûreté, la radioprotection et l’environnement.

Enfin, le CODIRPA(COmité DIRecteur pour la gestion de la phase Post Accidentelle d'un accident nucléaire ou d'une situation d'urgence radiologique),datant de juin 2005, « a pour objectif de préparer des dispositions visant à répondre aux problèmes complexes de la gestion post-accidentelle, en particulier ceux portant sur la gestion sanitaire des populations, les conséquences économiques ou la réhabilitation des conditions de vie dans les zones contaminées. »7

Bref, en cas d’accident nucléaire la première mesure serait de sacrifier les pompiers dont la première règle – en temps normal - est pourtant de se protéger d’abord. En cas de rébellion, les gendarmes auront pour fonction de les fusiller comme ils le firent pour les soldats ayant refusé de se battre durant la première guerre mondiale, et ce pour les obliger à «sauver un maximum de vies». Tout cela montrant le caractère très spécial de l’accident nucléaire qui nécessite le recours à un régime totalitaire pour le gérer, et légitime d’autant plus qu’on veuille l’arrêter immédiatement pour ne pas avoir à subir cette situation.

ARRÊT IMMEDIAT DU NUCLÉAIRE CIVIL, MILITAIRE ET DE SON MONDE, ICI, PARTOUT ET MAINTENANT.

Le CAN 71, le 28 avril 2012

1 Lettre d’information du comité stop-Nogent n° 106 janvier-avril 2005

2 L'Académie des Sciences de New York estime que le nombre de décès à travers le monde attribuable aux retombées de l’accident de Tchernobyl, entre 1986 et 2004, est de 985 000, 

Et parmi ces victimes il faut noter que sur les 830 000 liquidateurs intervenus sur le site après l'accident, 112 000 à 125 000 sont morts.

Les « liquidateurs », se sont les pompiers. Nous avons pu entendre sur eux qu’il s’étaient sacrifiés, alors qu’en fait on ne leur avait rien dit avant d’intervenir « en leur cachant non seulement les dangers connus mais aussi qu’ils inaugureraient des phénomènes biologiques dus au radiations non encore identifiés »

Seuls 70 techniciens de la centrale avaient pensé à s’enfuir, car eux ils étaient informés des dangers.

3 http://www.criirad.org/actualites/dossiers2005/secretdefense/arretesd2003.pdf

4 http://www.criirad.org/actualites/dossiers2005/secretdefense/decretsd2003.pdf

5 http://www.legifrance.gouv.fr/affichTexte.do?cidTexte=JORFTEXT000000797777&dateTexte=

6 http://www.legifrance.gouv.fr/affichTexte.do?cidTexte=JORFTEXT000018685579&dateTexte=vig

7 http://www.asn.fr/index.php/Bas-de-page/Sujet-Connexes/Gestion-post-accidentelle/Comite-directeur-gestion-de-phase-post-accidentelle

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Published by CAN 71 - dans Tracts du CAN 71
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