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  • : Collectif Anti-Nucléaire de Saône-et-Loire (CAN 71)
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Collectif Anti-Nucléaire de Saône-et-Loire

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17 janvier 2013 4 17 /01 /janvier /2013 16:29

 

Depuis quelques temps, un phénomène assez particulier s'est développé au sein de la population japonaise, suite à la catastrophe de Fukushima.

Nous savions que certains paysans avaient refusé de quitter leur terre, et même, continuaient de produire et de manger des aliments issus de leur terre radioactive. Cette espèce d'héroïsme, parfois poussé au chauvinisme, s'est aussi manifestée sous la forme d'une solidarité funeste : le nombre d'inscription à l'université de Fukushima n'a jamais été aussi élevé que depuis l'accident.

 

Cette « positive attitude »fait écho aux propos de plusieurs « personnalités » japonaises. Ainsi, concernant la nourriture, Keisuke Nemoto, un chercheur du Centre de recherche agricole de Kôriyama déclarait : « Nous devons être capable de développer un nouveau riz résistant au césium afin de le croiser avec du riz japonais »1. Puis, parlant d'une zone contaminée, « Toshitsuna Watanabe, le maire d'Ôkuma, bourgade désormais désertée, sur le territoire de laquelle se situe la centrale de Fukushima Daiichi, [avait déclaré] : "La ville peut devenir une base de la recherche nationale sur l'exposition aux faibles rayonnements et sur les technologies de décontamination. Je veux que cette expérience horrible soit transformée en quelque chose de positif." »2 Dans le même goût, Yasuhiro Nakasone, un ancien Premier ministre du Japon, actif pour l'implantation du nucléaire dans son pays, a affirmé en mai 2011 : « il est temps désormais de considérer le désastre du mois de mars comme une opportunité pour transformer le Tôhoku[territoire dont fait partie Fukushima]en un nouveau centre de culture et de civilisation. »3Enfin et toujours avec le même état d'esprit, Naoto Kan, Premier ministre en poste du 8 juin 2010 au 2 septembre 2011, déclarait quelques jours après la catastrophe : « Notre expérience de cet accident nucléaire est douloureuse, [...]. Mais pour éviter que ce genre de choses ne se reproduise, je crois que nous sommes obligés de partager cette expérience de manière précise avec les pays du monde entier. »4

Il y aurait alors le « bon » citoyen japonais et le citoyen japonais « lâche ». Le premier étant celui qui reste dans la radioactivité et le second, celui qui veut partir.

 

 

Les affirmations précitées ne remettent aucunement en cause le nucléaire mais visent bien son maintien. La catastrophe de Fukushima a servi de publicité mondiale aux États nucléarisés, dans le sens où la majorité de la population des zones irradiées suite à l'accident, vit toujours sur les territoires contaminés, plus ou moins proches de la centrale en ruine. Cela veut dire pour les nucléocrates du monde entier que la vie est compatible avec la radioactivité et donc que le nucléaire, même dans sa dimension catastrophique devient gérable, acceptable et donc... indispensable pour le bonne marche du capitalisme !

En France, l'ASN (Autorité de Sûreté Nucléaire) et le CODIRPA5ont travaillé avec le cabinet Triesse de Lyon puis avec l'AEN (Agence pour l’Énergie Nucléaire) sur la gestion post-accidentelle. Leur objectif a été de rendre leur travail appropriable et opérationnel pour les acteurs au niveau local. En somme, que chaque commune, puis au final chaque citoyen, soit capable d'appliquer les mesures d'urgences en cas de catastrophe atomique, afin que la population puisse rester en territoire contaminé, comme au Japon. Cela éviterait à l’État ce qui est techniquement et économiquement – entendez financièrement – irréalisable : l'évacuation des populations.

 

Or, lorsque l'on regarde la situation actuelle au Japon, et cela dans l'optique, non pas de gérer l'industrie du nucléaire et le monde qui va avec, mais bien de les supprimer, nous pouvons trancher sérieusement :

Non, la catastrophe atomique de Fukushima ne s'est pas arrêtée en décembre 2011.

Non, la soi-disant « décontamination » des terres radioactives n'est pas effective.

Non, les territoires contaminés ne sont pas entièrement évacués.

Non, le fait que la population, vivant dans ces territoires, co-gèrent elle-même le désastre par la mesure de la radioactivité, ne veut pas dire qu'elle ne meurt pas à petit feu.

Non, Tôkyô n'est pas une ville dans laquelle on peut rester dehors sans risque d'être contaminé par la radioactivité ambiante.

Non, l'accident nucléaire du 11 mars 2011 n'empêchera pas le gouvernement japonais et ses nucléocrates de poursuivre l'exploitation de leurs centrales.

 

 

Des membres du CAN 71 contre le monde atomique.


1. Nadine et Thierry Rilbault, Les sanctuaires de l'abîme, chronique du désastre de Fukushima, Paris, 2012, éditions de l'Encyclopédie des Nuisances (EdN).

2. Ibidem

3. Ibid.

4. Ibid.

5. COmité DIRecteur pour la gestion de la phase Post Accidentelle d'un accident nucléaire ou d'une situation d'urgence radiologique.

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