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Présentation

  • : Collectif Anti-Nucléaire de Saône-et-Loire (CAN 71)
  • Collectif Anti-Nucléaire de Saône-et-Loire (CAN 71)
  • : Collectif d'après Fukushima, contre le nucléaire et son monde.
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Collectif Anti-Nucléaire de Saône-et-Loire

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15 octobre 2011 6 15 /10 /octobre /2011 12:53

 

Aujourd’hui, plus de sept mois après la catastrophe de Fukushima, trois tendances s’imposent dans la lutte antinucléaire. L’une, radicale, subordonne un arrêt du nucléaire à une remise en cause de la société dans son ensemble, une deuxième envisage une sortie progressive du nucléaire et la troisième exige un arrêt immédiat du nucléaire. Nous ne parlerons ici que des deux dernières tendances sachant que la première, du point de vue strictement antinucléaire, ne peut que cautionner l’arrêt immédiat.

 

Historiquement la lutte antinucléaire en France comme dans le reste du monde s’est construite sur une opposition catégorique à la construction de centrales ou autres sites nucléarisés. Il n’y a en effet aucune raison objective pour qui que ce soit d’être partiellement en accord avec l’énergie atomique lorsqu’on s’oppose à celle-ci. Les luttes antinucléaires se sont déterminées sur un rejet total de la chose nucléaire autant sur le danger qu’elle représente que sur l’iniquité de son imposition aux peuples. La revendication d’une « sortie » progressive du nucléaire constitue donc une bizarrerie historique qui semble plus se situer du côté citoyenniste que du côté antinucléaire.

 

Il n’est guère besoin de parler des dangers du nucléaire depuis la mort de ses pionniers comme Marie Curie ou, plus récemment, des liquidateurs de Tchernobyl. Il est par contre nécessaire de revenir régulièrement sur l’iniquité des décisions prises en la matière. Il est par exemple important de rappeler que ce sont les ingénieurs de l’École des Mines qui orchestrèrent l’essor du nucléaire en même temps que la fin du charbonnage français. Il est important aussi de dire que ce même Corps de Mines orchestre aujourd’hui le programme d’extraction des gaz et huiles de schiste comme ils promotionnent l’EPR, European Pressurized Reactor (réacteur à eau pressurisée européen) devenu depuis Evolutionary Power Reactor (réacteur au pouvoir évolutionnaire).

 

La sortie progressive du nucléaire est illusoire. On ne sort pas du nucléaire comme on y est entré. On est dans le nucléaire jusqu’à la fin des temps. Le pouvoir évolutionnaire du nucléaire sur nos vies, lui, se répand sans cesse par la multiplication des accidents et des déchets, par le mensonge et la manipulation gouvernementale. Le pouvoir du nucléaire est progressif et même exponentiel. Il y a aujourd'hui deux discours : celui de la réalité qui s'exprime de manière mortifère à Fukushima mais encore à Tchernobyl et très certainement bientôt ici ; et celui du réalisme qui prend en compte les facteurs économiques et politiques. Derrière ce dernier peuvent aussi bien se ranger les nucléaristes que les politiques se croyant antinucléaires. Il n’y a qu’une seule manière d’être antinucléaire, c’est de vouloir l’arrêt immédiat1.

 

Nous savons qu'environ 70% de la population française est pour l'arrêt du nucléaire et pourtant la plupart des partis sont pro-nucléaire. Il n'y a donc aucune perspective d'arrêt à attendre des élections. La position des Verts n'a qu'une visée, celle de pouvoir négocier une place au gouvernement avec les socialo-nucléaristes. Il paraît plus qu'improbable que les socialistes lâchent le morceau et que les Verts, par leur refus de participer au gouvernement, fassent capoter la gauche. La position du réalisme est donc intenable et finalement irréaliste. Seule reste l'expression de la rue, et c'est ce que les collectifs Stop Nucléaire s'efforcent de concrétiser.

 

Contrairement au Réseau Sortir du Nucléaire qui tente depuis des années de niveler par le bas l'ambition antinucléaire, nous avons adopté une position maximaliste avec l'arrêt immédiat ; ce qui ne veut pas dire que certains d'entre nous ne soient pas pour un arrêt progressif. La démarcation définitive fut réalisée lorsque nous apprîmes que le Réseau avait rechigné à relayer l'appel des Japonais pour le 11 juin. Nombre de groupes du Réseau n’ont d’ailleurs pas jugé bon d’organiser quoi que ce soit à cette occasion. Pas plus d’ailleurs que ne fut relayé l’appel des Japonais pour les six mois de la catastrophe, qui ne donna lieu à notre connaissance à aucune manifestation de la part du Réseau. Il faut dire que la position défendue par les Japonais de l'arrêt immédiat cadre mal avec celle du Réseau défendant une sortie progressive calquée sur la position des Verts. En gros, c'est la rue ou les urnes.

 

Il ne s’agit pas aujourd’hui comme ont essayé de le faire passer « Sortir du Nucléaire » et ATTAC lors des rencontres de Lézan d’une question de transition énergétique mais d’un choix de société : d’une société dirigée par les catastrophes comme au Japon ou en Ukraine contre une société débarrassée de l’atome qui devra, entre autres, gérer une transition énergétique. Le déni de démocratie inhérent au nucléaire semble d’ailleurs avoir fait tache d’huile lors de ces rencontres puisque malgré l’arrêt immédiatplébiscité à la quasi unanimité des militants des dites organisations, les organisateurs, par un tour de passe-passe très politicien, réussirent à faire adopter l’arrêt simpleau nom de l’unité.

Ici en France, alors que les mêmes armes technologiques sont dirigées contre nous, les marques d’indignation sont lâchées du bout des lèvres. La seule marque de solidarité avec les irradiés japonais serait d’arrêter le nucléaire immédiatement et sans conditions. Au lieu de cela, on continue d’agiter le chiffon rouge des gaz à effet de serre pour justifier une hypothétique sortie du nucléaire en 10, 20 ou 30 années au mieux. Ce n’est pas « le nucléaire ou l’effet de serre » car tout le pétrole disponible sur terre sera finalement brûlé, que ce soit dans les centrales thermiques ou par nos véhicules. C’est donc le nucléaire ET l’effet de serre. Ce n’est pas « le nucléaire ou la bougie » car une fois les stocks de minerai épuisés, c’est vers la bougie que l’on se tournera. C’est le nucléaire ET la bougie, comme on l’a vu à Fukushima après la catastrophe.

On nous rétorquera sans doute que l’arrêt immédiat est impossible ; pourtant 43 des 54 réacteurs japonais sont aujourd’hui à l’arrêt, notamment parce qu’ils présentent des défauts similaires à ceux de Fukushima, même s’ils ne sont pas tous de même facture, pourtant les réacteurs suisses et allemands sont bel et bien arrêtés. Ce n’est pas d’arrêter le nucléaire qui est impossible pour ceux qui nous apportent cet argument, mais bien de vivre à la hauteur de nos moyens réels. Sans le nucléaire et ses colonies anciennes et nouvelles, ce pays ne serait pas bien brillant aux yeux des économistes mais peut-être le serait il un peu plus à ceux de son peuple.

 

ARRÊT IMMÉDIAT INCONDITIONNEL

ET DÉFINITIF DUNUCLÉAIRE

CIVIL ET MILITAIRE

 

Le Collectif Anti Nucléaire de Saône-et-Loire

Le 15 octobre 2011


1 Précisons que l’arrêt immédiat ne veut pas dire l’arrêt instantané.

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Published by CAN 71 - dans Tracts du CAN 71
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