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  • : Collectif Anti-Nucléaire de Saône-et-Loire (CAN 71)
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Collectif Anti-Nucléaire de Saône-et-Loire

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19 octobre 2012 5 19 /10 /octobre /2012 17:58

 

 

Le mardi 16 octobre 2012, à l'IUT de Chalon sur Saône, une conférence sur l'enrichissement de l'uranium, de Gérard Perrat (Directeur technique et industriel chez AREVA, ex-directeur de la Société d'Enrichissement du Tricastin - SET), était programmée par l'UTB (Université pour Tous de Bourgogne).

            À cette occasion, des individu.e.s (de Saône et Loire et de la Drôme) sont venu.e.s perturber le déroulement de cette séance de propagande d'AREVA.

 

            Trois tracts ont été distribués, à la trentaine de personnes présente, ainsi qu'à ce laquais de chez AREVA :

> Ce soir AREVA encore mentir... (par des Antinucléaires contre le monde atomique) ; reproduit ci-dessous.

> La routine du désastre dans la plateforme du Tricastin ?

>Les rentiers du nucléaire veulent faire fructifier leur rente (ces deux derniers textes sont signés par  Quelques membres de la coordination contre la société nucléaire) ; ils sont lisibles sur ce blog, dans l'ongle : Divers tracts, textes, etc.

           

            Sans jouer le jeu de la contre-expertise du citoyennisme Vert ou en Réseau, l'objectif était la dénonciation, d'une part, de la logique capitaliste et technoscientiste à laquelle répond la filière mortifère du nucléaire ; puis d'autre part, du négationnisme d'AREVA et du gouvernement français face à la catastrophe atomique de Fukushima, qui les conduit à préparer la prochaine catastrophe en France en planifiant là survie en territoire contaminé, comme en témoigne le CODIRPA (voir le 1er tract).

            À la sortie de l'IUT, 4 mecs de la BAC – appelés pendant l'action par un membre de l'auditoire – ont relevé les identités de 5 personnes, non sans essuyer d'insistantes critiques sur leur façon de faire ainsi que sur le nucléaire et la conférence.

 

 

Ce soir AREVA encore mentir...

 

                La conférence de ce soir (le 16 octobre 2012) n'est rien d'autre que la propagande dont AREVA à besoin pour maintenir son pouvoir, poursuivre la domination du monde, et la dépossession de nos vies.

 

                Voici comment est exposé le thème de la soirée : « L'enrichissement de l'uranium est une activité stratégique pour pouvoir fabriquer le combustible qui servira à alimenter les centrales nucléaires de production d'électricité. Au milieu des années 1970, suite au premier choc pétrolier, les pouvoirs publics ont décidé la fabrication d'une usine gigantesque destinée à approvisionner les centrales nucléaires françaises afin d'assurer l'indépendance énergétique française et de pouvoir produire de l'électricité à bon marché. Cette usine Eurodif, utilisant le procédé de diffusion gazeuse, s'est appelée Georges Besse en mémoire de son premier directeur. Après plus de 30 ans de production ininterrompue sans problème, début des années 2000 AREVA a décidé de fabriquer une usine d'enrichissement par centrifugation pour remplacer l'usine Eurodif. Cette nouvelle usine, appelée Georges Besse II, a été construite dans les délais impartis et a démarré fin 2010, remplaçant ainsi Eurodif qui a pu s’arrêter en juin 2012. » 1 

 

                Le discours d'AREVA est clair, le nucléaire est plus que jamais d'actualité, et la multinationale sur son site internet annonce ses objectifs pour 2012, en voici un concernant le thème de la conférence : « Le développement de l'énergie nucléaire dans le monde va se traduire par une augmentation de la demande en uranium qu'il faudra convertir. Pour répondre à ces besoins croissants, AREVA a fait le choix de renouveler et de moderniser son outil industriel de conversion en construisant le site de Comurhex II. La première production industrielle, sur une base de 15 000 tonnes annuelles, est prévue dès 2012. Elle sera par la suite étendue à 21 000 tonnes. Avec COMURHEX II et la nouvelle usine d'enrichissement de l'uranium Georges Besse II, AREVA construit un pôle d'excellence "enrichissement conversion".» 2 

 

                Cependant avant de pouvoir enrichir l'uranium, AREVA extrait de la matière première (le yellowcake) dans les mines du Niger, principalement. Cela se fait aux dépends de la population locale et l'exploitant comme main d’œuvre. Parler alors d'indépendance énergétique revient à dire que le Niger est un territoire français. Le glissement sémantique est révélateur du néo-colonialisme de la firme française, qui est une réalité quotidienne et un maillon clé de la filière atomique. Néanmoins AREVA continue d'occuper le Niger avec l'autorisation d'exploiter sur plus de 35 ans le nouveau site minier d'Imouraren, considéré comme un des gisements uranifères les plus importants au monde.

 

                En outre, parler d'une production d'électricité à bon marché voudrait dire prendre en compte uniquement le coût de vente de cette énergie. Hors, s'il y a bien un coût à considérer dans le nucléaire, c'est celui de son existence propre, c'est à dire : la globalité du processus qui permet au final de produire de l'électricité. De l'impacte sanitaire et social irréversible sur les populations qui sont touchées par l'extraction de l'uranium, aux irradiations qui émanent des centrales et leurs effets moribonds sur les populations voisines ; de la gestion ingérable des déchets nucléaires qui implique un déterminisme pour les milliers de générations futures, aux risques de catastrophes nucléaires dont la France n'est pas à l'abri ; etc ; on peut donc dire que « les coûts du nucléaire sont incommensurables puisqu'il s'agit du seul investissement qui aura été lancé pour l'éternité. » 3 

 

                La volonté pour AREVA et l’État français d'être un des principaux acteurs mondiaux sur le marché de l'uranium et plus largement une puissance mondiale dans le domaine du nucléaire, est une négation la plus totale de la catastrophe atomique de Fukushima, qui semble, pour les nucléocrates, ne demeurer qu'une réalité japonaise. Rappelons qu'à peine deux mois après l'accident, Sarkozy – dans un style linguistique bien à lui – affirmait que « pendant 40 ans, 50 ans, nos prédécesseurs ont investi dans cette technologie... Et il faudrait que parce qu'il y a eu un tsunami... au Japon... on remette en cause... ce qui fait la force de la France ?... ce qui fait la fierté de la France, ce qui fait l'indépendance de la France ?... Ce serait un choix irréfléchi et déraisonnable. » 4 Aujourd'hui, c'est au tour de Montebourg (actuel ministre du redressement productif, du gouvernement Ayrault) d'afirmer que le nucléaire est « une filière d'avenir ». 5 Puis d'ajouter le lendemain, que « [s]es propos (…) [étaient] dans la droite ligne de ce qu'a été le discours de campagne de François Hollande. » 6 Ce dernier, rappelons-le également, est issu du Parti Socialiste ; il est donc toujours prégnant que le gouvernement français qu'il soit de droite comme de « gauche » marche main dans la main avec AREVA, ce dernier voulant maintenir sa position de leader mondial sur le marché de l'uranium et faire tourner ses nouvelles usines de conversion (Comurhex II) d'enrichissement (Georges Besse II) et de retraitement (REC II).

 

                Néanmoins pour l'ASN (l'Autorité de Sûreté Nucléaire), organisme d’État, « personne ne peut garantir qu'il n'y aura jamais en France un accident nucléaire » 7 Donc, pour nous préparer à vivre en territoires contaminés en cas de catastrophe, le CODIRPA (COmité DIRecteur pour la gestion de la phase Post Accidentelle d'un accident nucléaire ou d'une situation d'urgence radiologique),datant de juin 2005, « a pour objectif de préparer des dispositions visant à répondre aux problèmes complexes de la gestion post-accidentelle, en particulier ceux portant sur la gestion sanitaire des populations, les conséquences économiques ou la réhabilitation des conditions de vie dans les zones contaminées. » 8 L'ASN, dans un souci de diffusion du travail du CODIRPA auprès de la population, a confié une mission au cabinet Triesse de Lyon. Celle-ci a pour objectif un lavage de cerveaux généralisé, pour faire accepter le nucléaire dans sa dimension catastrophique. En somme banaliser pour le meilleur des mondes... nucléarisé !

 

            Le nucléaire militaire, qui est avant tout le germe de l'exploitation atomique, puis les centrales nucléaires civiles qui lui servent de prétexte, en plus de permettre le développement d'une société industrielle totalitaire, ne répondent qu'à une logique technoscientiste qui a pour but la domination du monde. De Hiroshima à Fukushima, l'industrie de l'atome ne laisse aucune place à un avenir humain mais n'est qu'une entreprise de destruction massive.

 

Des antinucléaires contre le monde atomique



1. http://www.utb-chalon.org/index.php?contribId=230319a8dc4a4d9c5ac61e879d942ede9493c98f

2. http://www.areva.com/FR/activites-806/comurhex-ii-renouvellement-de-l-outil-industriel-de-conversion.html (les mots en gras sont d’eux)

3. http://rebellyon.info/La-cle-plutot-que-la-chaine.html

4. Sarkozy le 3 mai 2011 lors de sa visite à la centrale nucléaire (la plus puissante d'Europe) de Gravelines.

5. Le dimanche 26 août 2012 sur BFM TV.

6. Déclaration à la presse, lors d'une visite chez l'opticien Atoll à Beaune (Côte-d'Or), le 27 août 2012.

7. A. C. Lacoste, Président de l'ASN, le 30/03/2011 sur LCP Assemblée nationale

8. http://www.asn.fr/index.php/Bas-de-page/Sujet-Connexes/Gestion-post-accidentelle/Comite-directeur-gestion-de-phase-post-accidentelle

 

 

 


 

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